Les banques continuent de réduire leur parc de distributeurs automatiques dans l’Hexagone
L’an dernier, les banques ont supprimé environ 2 000 distributeurs automatiques de billets (DAB), soit 4,1 % de leur parc en France. Cette mesure concernait seulement 1,8 % du réseau de 2015 à 2018. Selon les spécialistes, le rythme s’accélère avec l’avènement de la dématérialisation monétaire. Les établissements traditionnels s’efforcent également de limiter leurs coûts de gestion pour rester compétitifs.
Pour les retraits de cash, les clients d’une banque à distance ont généralement accès au réseau de DAB des établissements financiers classiques. Ces derniers sont pourtant les seuls à prendre en charge le coût de l’approvisionnement et de l’entretien de ces appareils. Ils ont donc décidé de réduire leur parc de guichets automatiques afin de limiter les dépenses y afférentes.
Les enseignes traditionnelles cherchent actuellement à résister à leurs concurrentes dématérialisées par tous les moyens. Les nouveaux acteurs du secteur sont notamment très agressifs au niveau des prix. Ainsi, les banques de réseau avaient intérêt à abandonner les services qui grèvent leur marge tels que les DAB.
Des inquiétudes peu pertinentes
De nombreux maires de zones rurales ont entamé une lutte contre la disparition des DAB ces dernières années. Selon ces élus, la suppression de ces appareils risque d’inciter les habitants à abandonner leur commune au profit des villes disposant de ce type d’équipement.
Par ailleurs, les distributeurs sont traditionnellement considérés comme des services relevant de l’intérêt public. Les municipalités des petites villes s’efforcent ainsi de les préserver afin de maintenir les paiements en cash alimentant les commerces de proximité.
Même si elles sont assez courantes, ces craintes sont infondées d’après les analystes. D’ailleurs, la Banque de France (BdF) a assuré que la suppression des DAB concerne surtout les territoires avec une population dense (villes comptant plus de 10 000 habitants). Selon un rapport de l’institution à ce sujet :
Près de 99 % de la population métropolitaine âgée de 15 ans et plus réside soit dans une commune équipée d’au moins un automate, soit dans une commune située à moins de quinze minutes en voiture de la commune équipée la plus proche.
De plus, les « points d’accès privatifs » commencent à se multiplier dans l’Hexagone. L’implantation de ces dispositifs est en hausse de 15 % et concerne 25 536 zones.
Changement des habitudes de paiement et de consommation
Selon le dernier rapport annuel de la Banque de France, 2 135 DAB ont disparu l’an dernier sur tout le territoire. Ainsi, le parc hexagonal s’est établi à 50 316 appareils fin 2019, après avoir perdu 4,1 % de son volume. Les banques ont clairement accéléré le rythme, comme l’ont noté les analystes. En effet, le réseau a seulement été réduit de 1,8 % en moyenne les années précédentes.
En outre, les transactions en liquide ont diminué de 13,2 % de 2012 à 2019. Il s’agit d’une véritable mutation du comportement des consommateurs et des habitudes de paiement d’après la BdF. Par ailleurs, cette tendance a été accélérée par la crise sanitaire apparue en début d'année et par les conditions particulières du confinement.
Afin de limiter les risques de contamination, les consommateurs français ont privilégié les paiements dématérialisés tout au long de la pandémie de Covid-19. Les acteurs concernés ont par ailleurs relevé le plafond des paiements sans contact à 50 euros (contre 30 euros auparavant) pour encourager le respect de la distanciation sociale.
Avec l’essor de ces systèmes alternatifs, les consommateurs ont de moins en moins besoin de cash. Cette évolution des mœurs s’aligne avec la démarche des banques visant à supprimer les DAB sur le long terme.