Les Français ont de plus en plus recours aux cartes de paiement, au détriment des espèces
Les espèces restent le moyen de paiement le plus utilisé dans la zone euro, notamment en France, pour les courses quotidiennes et les règlements entre particuliers. Une tendance qui semble afficher une nette baisse depuis quelques années. Un signe qui annoncerait la disparition future du recours aux monnaies physiques ?
La Banque Centrale Européenne (BCE) a mené un sondage portant sur les habitudes de rétribution des consommateurs dans la zone euro. Une étude qui avait pour but d’analyser l’évolution de l’utilisation des différents moyens de paiement. De cette enquête, il ressort notamment que les cartes de débit et le « sans contact » commencent à être plébiscités au détriment de l’argent liquide. Un changement d’autant plus marqué dans l’Hexagone.
Néanmoins, les espèces restent le moyen de paiement préféré des consommateurs français ainsi que ceux de la zone euro, et ce, même si elles commencent à perdre du terrain. Qui plus est, la crise sanitaire semble avoir accéléré la fin prochaine de cet usage traditionnel.
Le recul des paiements en espèces
L’année dernière, 59 % des transactions entre particuliers et en magasin étaient réglés par monnaie physique en France, alors que les paiements par carte ne représentaient que 35 % de ces opérations.
Les espèces restent ainsi le moyen de rétribution le plus utilisé par les consommateurs de l’Hexagone. Une tendance bien en régression à comparer avec celle annoncée en 2016, où l’argent liquide représentait 68 % des transactions.
Les statistiques des dernières années confirment cette appétence pour la carte de paiement. En effet, les consommateurs français s’acquittaient en moyenne de 12,30 euros en espèces dans les magasins, en 2016 contre un montant moyen de 7,50 euros en 2019. À noter que cette moyenne est l’une des faibles de la zone euro.
D’ailleurs, seulement 9 % des consommateurs du pays indiquent préférer l’argent liquide comme moyen de rétribution, contre 27 % en moyenne dans la zone euro. Sans oublier que les Français sont ceux qui gardent le moins d’argent liquide dans leur portefeuille, 45 euros en moyenne, contre 76 euros pour leurs voisins européens. Sans doute, le recul des paiements en espèces est constaté dans l’ensemble de la zone euro, mais il est plus marqué en France.
Vers la disparition des espèces ?
Le recours aux cartes de paiement semble avoir été accentué par la pandémie. C’est en tout cas ce que suggère une étude menée au mois de juillet dernier portant sur « le dernier paiement réalisé par le consommateur ». Deux tiers des sondés ont déclaré avoir utilisé une carte bancaire lors de leur dernière transaction, contre 42 % qui disent avoir payé en espèces.
De plus, 39 % des sondés français indiquent qu’ils utilisaient moins les espèces pour régler leurs achats depuis le début de la crise sanitaire, tandis que 49 % ont déclaré utiliser davantage les cartes sans contact. 86 % des répondants à l’enquête ont d’ailleurs déclaré qu’ils comptaient conserver leurs habitudes d’ici la fin de la pandémie et donc moins utiliser les billets.
Tous ces chiffres semblent corroborer avec l’hypothèse de certains analystes qui annoncent la fin prochaine de l’utilisation de l’argent liquide. Cependant, les résultats de l’enquête de la BCE montrent aussi que les consommateurs restent attachés à la monnaie physique qui demeure privilégiée pour les petites dépenses du quotidien. Ainsi, dans la zone euro, 92 % des achats d’une valeur de moins de 5 euros étaient réglés en espèces.
Cette tendance devrait aussi pérenniser concernant les paiements entre particuliers, les espèces représentant 62 % des moyens de rétribution utilisés pour ces transactions en 2019.