La Deutsche Bank pourrait bien reverser des centaines de millions d’euros en faveur de ses clients
La Cour suprême allemande a émis un arrêt sommant les banques du pays de ne pas augmenter leurs tarifs sans le consentement explicite de leurs clients. Conséquence de cette décision, les banques outre-Rhin vont devoir rembourser leurs sociétaires. Selon plusieurs professionnels du secteur, les remboursements pourraient amputer la moitié des bénéfices annuels des enseignes concernées.
En Europe, les banques peuvent décider unilatéralement d’augmenter leurs frais bancaires. Ni le consentement du client ni celui d’un quelconque régulateur financier n’étaient requis. Mais en Allemagne, la Cour suprême du pays a émis un arrêt stipulant que les enseignes bancaires exerçant sur son territoire ne peuvent hausser leurs tarifs sans le consentement explicite de leurs clients particuliers. En conséquence, certaines banques allemandes vont devoir rembourser leurs sociétaires s’il s’avérait qu’elles ont augmenté leurs frais sans l’accord de ces derniers.
Les titulaires de compte Deutsche Bank pourraient ainsi se voir rembourser les factures indûment payées et a mis de côté, à hauteur de quelques centaines de millions d’euros. Une décision de la Cour suprême allemande qui va assurément plomber le bilan financier de l’enseigne financière n°1 d’Allemagne.
Des négociations pour augmenter les tarifs
La première banque allemande, la Deutsche Bank, n’est pas la seule concernée par l’arrêt interdisant aux enseignes financières de réviser à la hausse leur grille tarifaire sans le consentement préalable de leurs clients particuliers. Mais elle est la première à en avoir évalué l’impact.
Et les remboursements pourraient se monter à des centaines de millions d’euros. Pour le trimestre en cours, la banque allemande a ainsi mis de côté 100 millions d’euros et prévoit de mettre sous réserve encore 200 millions d’euros supplémentaires d’ici la fin de l’année. Mais d’ici là, elle espère pouvoir amortir les pertes en dégageant plus de rentabilité.
Elle prévoit notamment d’augmenter ses tarifs, après en avoir informé ses sociétaires et reçu leur approbation bien évidemment. La direction de la banque allemande admet que cette piste pourrait leur faire perdre des clients, mais compte tenu des circonstances, c’est un risque à prendre.
La Deutsche Bank n’est pas la seule à envisager d’élever ses prix puisque Commerzbank étudie aussi cette option. D’ailleurs, d’ici le 1er juillet prochain, la 2ème banque d’outre-Rhin va demander l’accord explicite de ses sociétaires pour hausser les tarifs. Certaines enseignes financières, quant à elles, ont décidé de reporter leur plan de restructuration pour faire face à la vague de remboursements.
Les pertes générées par le scandale Greensill
La décision de la Cour suprême allemande a fait l’effet d’une bombe dans le secteur bancaire du pays. Cet arrêt va sans doute peser lourdement sur le bilan financier des banques allemandes pour l’année en cours, voire même les trois prochaines années. Selon la BaFin, le superviseur financier allemand, les remboursements pourraient amputer la moitié des bénéfices annuels dégagés par les enseignes bancaires du pays.
Par ailleurs, même si on ignore encore les répercussions financières de cet arrêt sur les banques allemandes, il semblerait que ce soit la Deutsche Bank qui va payer le plus lourd tribut. Cette décision de la Cour suprême vient s’ajouter au scandale Greensill auquel elle doit déjà faire face. La faillite de Greensill a, en effet, entrainé de lourdes pertes pour la Deutsche Bank. Celle-ci doit, entre autres paiements, verser 70 millions d’euros au système allemand de garantie de dépôts.
Face à ces deux problématiques, la direction de la première banque allemande se montre pessimiste quant aux chances de l’enseigne d’atteindre ses objectifs de réduction des coûts pour 2022. À voir si elle reçoit l’autorisation d’augmenter ses tarifs, un facteur qui pourrait grandement contribuer à inverser la tendance.