Impact incertain du Brexit pour les banques de la zone euro
Depuis l’annonce du vote de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, les banques de la zone euro se préparent. La Banque centrale européenne (BCE) annonce ainsi que celles-ci sont prêtes « dans une certaine mesure », mais d’autres effets macroéconomiques à l’ampleur inconnue pourraient survenir.
Certains effets du Brexit ne sont pas encore connus
Malgré quelques années de préparation au choc du Brexit, Andrea Enria, président du superviseur unique des grandes banques en zone euro, estime que « celles-ci ne sont pas prêtes à 100 % ». En effet, entretemps, la pandémie du Covid-19 s’est produite. Elle s’ajoute aux incertitudes macroéconomiques et à la perspective d’un « no deal » entre Londres et Bruxelles, éventualité que « les marchés financiers n’ont pas encore pleinement intégrée », selon Andrea Enria.
Important Pourtant, d’après les experts, ce scénario semble se confirmer avec à la clé des effets négatifs dont personne n’est pour l’instant en mesure de connaître l’ampleur exacte.
Or, d’après une étude du centre de recherche « The UK in a Changing Europe », sur le long terme,
Le coût d’un divorce sans accord commercial pour l’économie britannique représenterait le triple de celui de la crise sanitaire.
Une licence pour servir les clients en Europe continentale
En prévision de la séparation, et afin d’éviter de renoncer à leur clientèle basée de l’autre côté de la Manche,
Important De nombreuses banques implantées au Royaume-Uni ont demandé des licences pour exercer leur activité en Europe continentale.
La Bafin, autorité de supervision du secteur bancaire allemand, annonce ainsi qu’une soixantaine d’organismes financiers sont en train de s’installer outre-Rhin, ou d’y consolider leur présence.
L’agence Bloomberg révèle par exemple que
Le groupe américain JP Morgan envisage le transfert d’environ 200 milliards d’euros d’actifs de leurs représentations britanniques vers Francfort.
Pour trouver une enseigne servant les pays qui les intéressent, les professionnels recommandent aux consommateurs de recourir à un comparateur de banque gratuit en ligne.
Le régulateur en zone euro redoute par ailleurs l’explosion des défauts de remboursement des prêts de toutes natures.
Les pires projections de la BCE font état de
1400 milliards d’euros de crédits non performants, soit 400 milliards de plus qu’au lendemain de la crise de 2008.
En effet, en freinant l’activité économique et en mettant des millions de personnes au chômage partiel ou total, l’épidémie de coronavirus a entraîné une récession en Europe. Andrea Enria recommande ainsi aux banques d’accorder une attention accrue à la qualité de leurs actifs.