La Banque d’Angleterre réfléchit à la mise en place d’un taux directeur négatif
D’abord réticente à l’idée d’appliquer un taux directeur négatif, la Banque d’Angleterre semble aujourd’hui s’intéresser de près à cette éventualité. L’institution a adressé une lettre aux établissements financiers britanniques pour s’enquérir de leurs opinions et de leurs niveaux de maturité technologique par rapport à un taux directeur en dessous de zéro.
Des réflexions en cours
L’Autorité prudentielle de régulation de la Banque d’Angleterre admet qu’un taux directeur inférieur à zéro aurait des impacts conséquents sur les activités des entreprises et de leurs clients. Raison pour laquelle l’institution monétaire souhaite savoir si les sociétés sont opérationnellement prêtes à affronter un tel scénario, plus particulièrement au niveau technologique.
Depuis le mois de mars, le taux directeur de la Banque d’Angleterre s’établit à 0,1 %, son niveau le plus bas jamais enregistré. En septembre, le Comité de politique monétaire a évoqué la possibilité de réduire ce taux en dessous de zéro.
Des travaux de réflexion ont été menés autour de la question.
Mais cela ne signifie pas que les taux passeront en négatif,
souligne l’Autorité prudentielle de régulation.
Interrogé sur le sujet, le gouverneur de l’institution monétaire, Andrew Bailey, confirme d’ailleurs que
La Banque d’Angleterre n’envisage pas encore d’appliquer un taux directeur négatif.
Andrew Bailey.
Des avis mitigés
ImportantConcrètement, un taux d’intérêt négatif peut être perçu comme un loyer à déduire sur les réserves déposées à la banque centrale par les établissements financiers. Cette disposition monétaire non conventionnelle vise notamment à soutenir l’inflation et à dynamiser les prêts bancaires.
Jusqu’ici, les travaux sur cette mesure restent académiques. Le Comité de politique monétaire n’exclut cependant pas la possibilité d’y recourir. Ce qui explique le sondage relatif aux implications opérationnelles d’un taux directeur inférieur à zéro.
Pour les observateurs, cette missive de la Banque d’Angleterre annonce d’ores et déjà le passage vers un taux d’intérêt négatif. Certains anticipent l’application de cette mesure monétaire dès 2021, une perspective qui alimente bien de débats.
À noter que la BCE figure parmi les premières institutions monétaires à avoir expérimenté ce dispositif. Beaucoup estiment que cette politique a été un échec. En effet, le secteur financier en zone euro en est ressorti plus faible sans que l’inflation ne progresse. Certains économistes rapportent en revanche une amélioration des performances bancaires.
Selon un comparateur de banque, certains établissements auraient réussi à compenser les pertes en marges d’intérêts en générant d’autres revenus, gardant ainsi leur rentabilité intacte.