Refinancement bancaire : la BCE sort une nouvelle fois son chéquier pour soutenir les banques européennes
En Europe, différentes mesures ont été engagées pour faire face aux conséquences économiques de la crise sanitaire. Parmi les dispositifs de relance mis en place, la Banque Centrale Européenne a annoncé l’octroi de prêts à taux négatif aux établissements bancaires du continent. Séduites par le taux négatif de 1 % appliqué aux encours, les banques se sont précipitées. En tout, c’est un montant de 1 300 milliards d’euros qui a été distribué.
Une opération de refinancement pour soutenir la relance
Emprunter et percevoir des intérêts ! Aucun comparatif de banque ne peut aujourd’hui se targuer d’une telle possibilité. Et pour cause, cette opération a été initiée pour refinancer les banques et leur offrir la trésorerie nécessaire pour pouvoir accorder des crédits à leurs clients professionnels et particuliers.
Il s’agit donc d’une forme de subventions des prêts contractés par les banques. La poursuite de la distribution des prêts dans les conditions qui ont précédé l’actuelle crise est requise.
Les nombreuses garanties émises par les États membres de l’Union européenne encouragent les banques à délivrer plus de prêts à leur clientèle. Selon la Banque Centrale Européenne, cette nouvelle injection de liquidité est nécessaire pour éviter une pénurie de crédit, comme ce fût le cas en 2008 lorsque les organismes de prêt avaient décidé de fermer les vannes.
La ligne de financement accordée entre dans le cadre des Targeted Long Term Refinancing Operation (TLTRO) ou refinancement à long terme.
540 milliards d’euros « d’argent frais »
Sur les 1 300 milliards d’euros octroyés aux 742 établissements bénéficiaires, environ 760 milliards d’euros serviront à refinancer les prêts accordés précédemment. Les 40 % restants, soit 540 milliards d’euros, constituent à ce titre de l'« argent frais ».
Comme les banques n’auront pas à supporter le coût des crédits, l’opération semble particulièrement avantageuse pour la relance. Certains établissements ont décidé d’allouer leur prêt à l’achat d’obligations d’États. Ainsi, la dette italienne a vu son taux baisser, permettant à l’économie de la péninsule de souffler un peu.
Important Le taux minimal imposé dans le cadre de ce TLTRO III lancé le 24 juin 2020 est de -0,5 %. Le taux de -1 % s’applique aux banques qui garantissent le maintien de leur volume de prêts.