La BCE devient plus attentive aux impacts indirects de la guerre en Ukraine sur les banques de sa juridiction

Siège de la Banque centrale européenne à Francfort, en Allemagne.

Il y quelques semaines encore, la BCE à travers Andrea Enria se voulait rassurant quant aux impacts du conflit en Ukraine. Depuis, les indicateurs portent à croire que la pression a monté d’un ton pour inciter l’Institution à devenir plus attentive notamment face aux conséquences indirectes de ce conflit sur les banques de sa juridiction.

Peu de temps avant l’éclatement de la guerre en Ukraine, la BCE a estimé que les banques de la zone euro sont assez fortes pour faire face à un durcissement de politique monétaire visant à revoir à la hausse les frais bancaire liés à leurs dépôts auprès de ses services.

Mais maintenant que la guerre a éclaté entre l’Ukraine et la Russie, les observateurs s’accordent à dire que l’Institution pourrait réfléchir avant de relever ses taux directeurs puisqu’une fois de plus, les banques de sa juridiction pourraient avoir besoin de son soutien.

Comme l’a récemment annoncé Andrea Enria, les conséquences indirectes de ce conflit risquent de peser sur le secteur financier de la zone euro.

Les impacts commencent à se faire sentir

Maintenant que le conflit russo-ukrainien a duré depuis des semaines, les impacts commencent à se faire sentir auprès du secteur bancaire de la zone euro.

C’est du moins, ce que laissent entrevoir les banques européennes à travers un premier bilan des conséquences indirectes de cette guerre sur leurs activités et leur environnement économique. Celui démontrant que cette situation a bien fait d’assombrir leurs perspectives pour les inciter à revoir à la baisse leurs prévisions de bénéfices comme c’est déjà le cas pour Commerzbank.

Ainsi, les estimations optimistes en début d’année se sont quelque peu ternies même du côté des analystes financiers mettant en avant les éléments qui devraient faire basculer la balance :

À court terme, il y a un risque de ralentissement de la demande de crédit, de baisse des commissions en gestion d’actifs et de remontée du coût du risque.

C’est aussi l’avis d’Andrea Enria, responsable de la supervision du secteur bancaire auprès de la BCE dressant une liste de ces effets indirects qui devraient se manifester à travers :

  • les expositions concentrées à des secteurs ou des clients individuels touchés indirectement par les sanctions ;
  • l’envolée et la volatilité des marchés de l’énergie et des matières premières ;
  • la volatilité accrue des marchés financiers ;
  • la détérioration globale des perspectives macroéconomiques dans l’Union européenne.

Place à la vigilance

Il y a quelques semaines encore, Andrea Enria a annoncé que :

La situation est gérable pour les banques européennes, avec une exposition directe à la crise en Russie contenue.

Andrea Enria

D’ailleurs, le superviseur continue de croire que l’exposition de ces dernières est relativement limitée en faisant remarquer que :

Même les banques avec l’impact le plus élevé seraient capables de respecter les exigences réglementaires.

Et de préciser :

Les expositions directes ne sont pas notre préoccupation majeure.

Ainsi, ce responsable estime que la vigilance est de mise en ce qui concerne les conséquences indirectes susmentionnées en déclarant que :

Nous sommes prêts à mettre en œuvre des mesures rapides de supervision si la situation de risque de certaines banques devait se détériorer.

En ce sens, l’Institution s’attend à une exposition totale estimée à 100 milliards d’euros pour le secteur avec un ratio de capital affichant une moyenne comprise entre 70 et 90 points de base pour les établissements concernés.

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