La saison 2020 risque d’être particulièrement rude pour les banques françaises
Plus que les autres acteurs bancaires, la période d’exercice de 2020 risque d’être particulièrement rude pour les banques françaises. Différentes raisons portent en effet à croire à cet aboutissement si l’on croit les résultats des études effectuées par l’équipe de recherche de JP Morgan concernant le marché financier européen face aux conséquences du coronavirus.
Perte et baisse de valeur, voilà à quoi s’attendent les établissements bancaires suite aux impacts de l’épidémie du coronavirus sur leurs activités. Mais en procédant comme un comparateur banque, les analystes de JP Morgan estiment que la situation est d’autant plus critique pour les enseignes tricolores que sont Natixis, Crédit Agricole, SocGen et BNP Paribas.
Tout simplement parce que contrairement aux autres, ces dernières sont particulièrement exposées aux impacts de marché et aux retraits de lignes de crédit en concentrant leurs efforts sur les divisions de banque d’investissement, d’assurance et de gestion d’actifs. Des raisons suffisantes pour inciter cette agence de notation à émettre des prévisions pessimistes à leur égard pour l’ensemble de l’année.
Des prévisions pessimistes pour les banques tricolores
Dans une note récemment publiée par l’équipe de recherche de JP Morgan, l’on peut lire que :
Il faut attendre des banques françaises des performances inférieures à celles de leurs homologues américaines en raison de leur gearing plus élevé en produits structurés.
Tout cela pour dire que les prévisions de cette agence de notation sont plutôt pessimistes en ce qui concerne les établissements bancaires tricolores. Déjà, au premier trimestre, l’appréciation n’a pas été très reluisante pour ces dernières si l’on tient compte du fait que Crédit Agricole et Natixis ont obtenu un « neutre » et que BNP Paribas et Société Générale se sont vus attribués un « surpondérer ».
Une situation qui, d’après ces experts, aura tendance à se perpétuer sur l’ensemble de l’année en engendrant la chute des rendements des fonds propres (ROE) estimée à :
- 1% pour BNP Paribas ;
- -1,2% pour Société Générale ;
- 1,8% pour Crédit Agricole ;
- 1,9% pour Natixis.
À noter que lors des premiers échanges, BNP Paribas et Société Générale ont d’ores et déjà perdu 1% de leur part contre 3% pour Crédit Agricole et Natixis.
De nombreuses difficultés en perspective
Il va sans dire que pour les analystes de JP Morgan, les prévisions ne sont pas très reluisantes pour les établissements bancaires tricolores. Tout simplement parce que ces spécialistes estiment que ces derniers auront à faire face à de nombreuses difficultés dans :
- La banque d'investissement ;
- La gestion d'actifs ;
- L'assurance.
En ce qui concerne ce premier point par exemple, ces experts ont expliqué dans une note que :
Dans la banque d'investissement, les fortes performances en trading sur les obligations, les devises et les matières premières (FICC) devraient être éclipsées par des pertes en valeur réelle sur les dérivés actions.
Pour ce qui est des deux autres, ces spécialistes ont également fait savoir qu’ils seront :
Impactés par des pertes liées au MTM suite à l’effondrement des prévisions de swaps de dividendes.
Et comme si cela ne suffisait pas, JP Morgan a aussi rajouté que :
Les banques françaises pourraient également pâtir de pertes liées à l’industrie pétrolière et à leur exposition aux hedge funds affectés par le pic de volatilité du mois dernier.