Les banques qui taxent les dépôts se multiplient avec un seuil de déclenchement qui tend à diminuer
La taxation des dépôts bancaires a été appliquée pour la première fois en France en octobre 2019 par la filiale de Lombard Odier. La mesure a été prise afin de compenser le taux négatif imposé par la Banque centrale européenne. En vigueur au départ dans les établissements privés, elle a fini par se généraliser et atteint même les néobanques.
Cela faisait plusieurs mois que la menace planait. Aujourd’hui, c’est chose faite. Les clients doivent désormais veiller au montant de leurs dépôts à la banque. Pour cause, au-delà d’une certaine somme, ils peuvent endosser une pénalité fixée au préalable par l’établissement. Cette mesure est la conséquence des taux négatifs appliqués par la Banque centrale européenne (BCE).
À l’origine, la taxation des dépôts concernait uniquement les professionnels et les clients particuliers de quelques banques privées. Aujourd’hui, c’est au tour des néobanques de s’y mettre. Il faut savoir que le seuil de déclenchement diffère d’un établissement à un autre. De plus, il tend à baisser.
Des mesures plus sévères à la Danske Bank
Le taux négatif appliqué par la BCE semble difficile à endosser pour les établissements bancaires européens. Afin d’éviter la taxation, certains optent pour une hausse des tarifs. Cette différence de pratique rend plus que jamais utiles la comparaison néobanque et les comparateurs de banque en ligne. En effet, ils aident les clients à trouver l’offre la plus avantageuse en quelques clics.
La France n’est pas le seul pays concerné par ces mesures de taxation de dépôts bancaires. Les clients sont soumis à une réglementation identique au Danemark, en Belgique, en Suisse ainsi qu’en Allemagne.
Pour la Banque centrale européenne, l’objectif est de limiter les liquidités. Elle veut inciter les banques à proposer des prêts aux particuliers comme aux professionnels. Mais ces dernières y voient une mesure pénalisante. Aussi, certaines d’entre elles cherchent à réduire les frais de ces taux négatifs et les répercutent sur les clients qui utilisent leurs services.
Au Danemark, la taxation est effective chez certains établissements lorsque le montant du dépôt est supérieur à 30 000 euros. La Danske Bank souhaite même une mesure plus stricte, selon les informations relayées par Les Echos. Elle veut passer à un seuil de déclenchement de 13 500 euros.
À partir de 50 000 euros chez N26
Au-delà de ce seuil limite, les clients particuliers de la Danske Bank devraient ainsi se soumettre à une pénalité de 0,6 %. Le taux est fixé à 1 % pour les professionnels. Une décision qui a amené le ministre de l’Économie danois à qualifier la situation d’inquiétante, notamment pour les consommateurs. Selon lui, les banques devraient mettre fin à cette politique.
En France, les néobanques envisagent également de mettre en place la taxation des dépôts. Pourtant, à ses débuts, la réglementation concernait uniquement les banques privées pour les dépôts de plus d’un million d’euros. C’est ainsi que N26 a récemment adopté la taxation des dépôts. Elle est en vigueur pour les nouveaux clients dès que la barre de 50 000 euros est franchie. L’établissement qui réunit 1,6 million d’utilisateurs français a choisi un taux de 0,5 %.
Cette taxation aurait été instaurée pour couvrir les investissements réalisés dans les nouveaux services lancés par la néobanque allemande. Elle vient également compenser le taux négatif imposé par la Banque centrale européenne, qui est aujourd’hui fixé à –0,5 %.