Le problème des prêts immobiliers en francs suisses des années 2000 continue de peser lourd sur les banques européennes

Des maisons modèles blanches et un billet de 100 francs suisses.

Voilà près de deux décennies que les prêts immobiliers en francs suisses sont devenus une source de problème majeur pour les consommateurs qui en ont bénéficié et pour les établissements bancaires qui ont eu le malheur de les proposer. Un souci de taille que certains pays européens et banques continuent de remédier jusqu’à aujourd’hui.

En début 2000, un comparatif frais bancaire a permis de découvrir que par rapport à l’euro et autres devises nationales, la monnaie helvétique pesait plus lourd. Raison pour laquelle, de nombreuses banques du Vieux continent ont décidé de mettre à la disposition de leur clientèle des prêts immobiliers libellés en francs suisses.

Pendant des années, cette offre de service a connu du succès auprès de millions de clients notamment du côté de l’Europe Centrale et de l’Est sauf que pour deux raisons principales, cette belle péripétie s’est transformée en cauchemar non seulement pour les emprunteurs, mais aussi pour les prêteurs.

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Le rêve s’est transformé en cauchemar

Pour ceux qui ne le savent pas encore, les prêts immobiliers libellés en francs suisses étaient populaires en début des années 2000 auprès de nombreux pays du Vieux continent si ce n’est que d’énumérer la Roumanie, la Pologne, la Hongrie, l’Autriche, la Slovénie ou encore la Croatie et la Grèce. Soit, des nations de l’Europe centrale et de l’Est pour la majorité même si d’autres régions comme la France sont aussi de la liste à travers BNP Paribas qui œuvrait pour ses clients transfrontaliers.

Tout cela pour en venir au fait que des millions d’individus étaient tentés de souscrire à ce type d’emprunt proposé par leur banque. Non pas sans raison puisqu’avec le renchérissement de la devise helvétique, les taux d’intérêt des emprunts étaient nettement plus intéressants que ceux proposés en euro ou autres monnaies nationales.

Ainsi, les emprunteurs se bousculaient pour profiter de cet avantage majeur. Du moins, durant quelques années puisque deux facteurs majeurs sont venus faire figure d’obstacle. À savoir :

  • La crise financière de 2008 ;
  • La décision de la Banque Nationale suisse d’abandonner le taux plancher de 1,20 franc suisse pour 1 euro en janvier 2015.

De quoi alléger considérablement le poids de la devise suisse selon les experts mettant en exergue les impacts négatifs sur les consommateurs découvrant que :

  • Le taux de change a fait exploser la valeur des prêts ;
  • Il était désormais presque impossible de revendre le bien pour rembourser leur emprunt.
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Les banques ne sont pas épargnées

Les consommateurs sont certes les premiers à subir le poids de ce revirement. Mais il faut dire que les banques sont aussi rangées sous la même enseigne en notant que jusqu’à aujourd’hui, certaines d’entre elles continuent de trouver une parade pour en alléger les impacts en notant que dans certains cas, des mesures ont été adoptées par les autorités nationales ou financières.

Pour ceux qui sont parvenus à adopter une solution par exemple, il faudrait regarder du côté de la Cour de Justice de l’Union européenne qui, en juin 2021, a décidé d’annuler les contrats souscrits par les clients transfrontaliers de BNP Paribas. Les autorités croates et hongroises sont aussi de cette liste en misant respectivement sur :

  • La conversion des prêts en kunas ou en euros au taux de change convenu au moment de la souscription ;
  • Un taux de change fixe entre le forint et le franc suisse pour réduire la valeur des prêts concernés.

Du côté de ceux qui y réfléchissent encore, la Slovénie prévoit l’adoption d’une loi. Celle qui obligera les banques à rembourser les coûts supplémentaires enregistrés à la charge des clients depuis 2014 si pour sa part, la Pologne s’est contentée d’encourager les organismes financiers à trouver un arrangement avec la clientèle concernée. Quant à l’Allemande MBank, elle a mis en réserve 2 milliards de zlotys en vue d’un éventuel remboursement.

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