Société Générale : 530 postes supplémentaires supprimés dans l’activité de banque de détail
Poursuivant son plan d’économies, la Société Générale prévoit de supprimer 530 postes, principalement au niveau des back-offices, d’ici à 2023. L’annonce a été faite aux organisations syndicales par la direction de sa division de banque de détail en France (BDDF). Elle s’inscrit dans la politique générale de réduction des coûts du groupe.
530 postes voués à disparaître d’ici à 2023
Important Il y a cinq mois, la banque de la Défense communiquait sur un projet de réduction d’effectifs portant sur 1 600 emplois au total à travers le monde, incluant 750 personnes en France.
Ce plan, qui a pour objectif de lui faire économiser un demi-milliard d’euros, concernait surtout la banque d’investissement.
C’est aujourd’hui le tour des back-offices avec 530 suppressions de postes à horizon 2023. Le groupe cherche en outre à « couper » davantage dans ses frais généraux et a confié au cabinet de conseil Bain le soin de réfléchir à la question.
Ces efforts pour minimiser les coûts s’imposent dans un contexte tendu sur le marché.
Les enseignes bancaires historiques doivent en effet faire face à :
- la concurrence de différents types d’acteurs,
- la faiblesse des taux d’intérêt qui les contraint à rogner leurs marges,
- la transformation digitale à marche forcée,
- une réglementation toujours plus contraignante.
Vers une spécialisation croissante des activités de banque de détail
Ces mesures visent à rassurer les investisseurs pour un établissement affichant une des valorisations les plus faibles selon un comparatif des banques européennes.
Mais il s’agit également de renforcer la spécialisation de ses activités de banque de détail.
Des agences classiques ont ainsi laissé la place à des centres d’affaires et des espaces professionnels. Désormais, l’attention se focalise sur les 14 centres de service, afin de les aider à atteindre plus rapidement leur taille critique.
Deux d’entre eux en Île-de-France vont disparaître, tout comme 360 emplois sur 3000 dédiés à cette activité, mais un autre back-office sera ouvert en parallèle. Au siège de la banque de détail, les fonctions transverses compteront 170 postes en moins.
Pour mener à bien cette opération, la Société Générale compte sur des départs volontaires et paradoxalement, elle continue à embaucher. Les syndicats déplorent d’ailleurs le contraste entre la stratégie du groupe bancaire et la hausse de l’activité. Ce constat exacerbe les tensions sociales, alors que se poursuit la mise en œuvre d’un plan de transformation devant aboutir à la fermeture de 500 agences et la suppression de 3 450 emplois d’ici 2020.
Des suppressions d’emploi en projet chez plusieurs banques européennes
La Société Générale n’est pas l’unique groupe financier européen dans la tourmente.
Important Son concurrent, BNP Paribas, s’est également fendu d’un communiqué en août pour annoncer une baisse d’environ 20 % des équipes de BNP Paribas Securities Services, sa filiale de conservation de titres en France, sur trois ans.
Comme chez SG, la démarche se fera sans licenciement, mais sur la base de départs naturels et départs à la retraite.
La banque de rue de la Chaussée d’Antin projette également de créer un centre de services clients capable de répondre à ces derniers dans les 24 heures, ce qui suppose une réorganisation et des investissements importants dans des solutions technologiques.
De l’autre côté du Rhin, la banque d’investissement de la Deutsche Bank va perdre 18 000 agents dans le monde. Commerzbank aussi prévoit de fermer 200 agences et supprimer 4 300 postes, qui seront compensés partiellement par la création de 2 000 emplois.