Quelle stratégie les banques suisses adoptent-elles face aux taux bas ?
Si les banques de la zone euro sont impactées par la politique des taux bas, les établissements bancaires helvétiques n’échappent pas à la règle. Alors qu’ils doivent subir les conséquences des taux négatifs fixés par la Banque nationale suisse (BNS) quant aux dépôts, ils doivent relever un autre challenge. Ils doivent en effet trouver des moyens pour relever leurs revenus.
À l’échelle du Vieux Continent, les banques centrales instaurent une politique monétaire favorable à la relance de l’économie de chaque pays concerné. Cette mesure a été prise pour remédier aux conséquences de la crise ayant sévi de 2007 à 2008.
Il en est de même pour la Banque nationale suisse (BNS). Elle pratique en effet un taux directeur négatif sur les dépôts réalisés par les banques chez elle, et ce, depuis 2015.
Pour sa part, PostFinance, compte diminuer le rendement des comptes d’épargne pour certains clients, de manière à maîtriser ses pertes face au contexte économique actuel.
La banque centrale suisse tente de calmer la pression qui pèse sur le secteur
Actuellement, la BCE prélève les banques de la zone euro à hauteur de 0,4 % sur leurs avoirs. Les discussions (du mois de mars dernier) portant sur la compensation des pertes essuyées par les enseignes bancaires ont été, pour l’heure, suspendues.
Concernant la BNS, elle n’a pas non plus modifié sa politique monétaire. Toutefois, mi-septembre 2019, elle a apporté quelques ajustements par rapport à la base de calcul portant sur l’évaluation du taux de facilité de dépôt.
La banque centrale suisse explique que l’idée consiste à réduire au minimum les effets qui découlent de l’application du taux négatif de -0,75 % sur les banques de la place, qui pourraient durer encore longtemps.
En même temps, l’institution financière veut éviter une éventuelle surévaluation de la monnaie nationale, sachant que la valeur refuge pourra rassurer les investisseurs dans un contexte dominé par l’incertitude.
PostFinance rémunérera moins certains épargnants mais investira dans les fonds en actions
Outre la pression exercée sur les taux de dépôt, PostFinance, la branche financière de la Poste suisse, déplore celle sur les opérations d’intérêt. L’acteur sent qu’elle s’intensifie depuis quelques années.
La situation peut-elle inciter les épargnants à commencer à se demander quelle banque choisir pour bénéficier d’une rémunération plus avantageuse ? En tout cas, l’organisme financier précise que le marché ne prévoit pas une hausse des taux d’intérêt, que ce soit à moyen terme ou à long terme.
Pour cette raison, la banque postale envisage de porter la rémunération de certains supports d’épargne consacrés à la retraite à 0,15 %, sachant qu’elle s’établit à 0,20 % actuellement.
Quant au taux d’intérêt applicable aux comptes d’épargne appartenant à la clientèle privée, il sera diminué à 0,025 %, contre 0,050 % jusque-là. Ces mesures seront appliquées dès le 1er novembre prochain et sont supposées déboucher sur la création d’un fonds en actions dédié au placement à long terme.