La face cachée du développement des banques en ligne
L’essor des banques digitales a été salué par le plus grand nombre. Pour les clients, les avantages sont nombreux : faible niveau des frais, rapidité et facilité des démarches, etc. Cependant, force est de constater que ce phénomène a également engendré des conséquences peu réjouissantes. Entre autres, il y a la fermeture des agences notamment dans les régions les plus vulnérables.
Les nouvelles technologies aidant, les banques 2.0 sont vite entrées dans les habitudes des Français. Il faut dire que ces agences virtuelles ne manquaient pas d’arguments pour séduire : frais d’ouverture et de tenue de compte particulièrement bas, procédures très simplifiées et très rapides, y compris pour les emprunts.
Les enseignes bancaires y trouvaient leur compte, les clients aussi. Mais la situation n’est pas aussi rose qu’on ne le pense. De ce système en plein essor est apparu un phénomène alarmant : la fermeture de nombreuses agences, ainsi que des distributeurs automatiques.
Les agences bancaires subissent le même sort que les vidéoclubs
Il y a encore une décennie de cela, les vidéoclubs avaient encore du succès. Des plus jeunes aux plus âgés, tous appréciaient ces moments passés à visionner un DVD loué au club du coin. Et puis, le vent de la technologie a soufflé. Le streaming et les téléchargements légaux ont vite fait d’anéantir le marché.
Avec les banques en ligne, c’est la même chose. Leur succès est tel, au point de faire de l’ombre aux agences physiques. Le résultat est sans appel : pour préserver leurs marges, les enseignes n’ont guère d’autre choix que de fermer certaines de leurs agences.
D’ici 2020, Société Générale prévoit de fermer quelques 450 agences. Au sein du groupe BPCE, le verdict est le même : 400 établissements vont devoir rendre les clés. Inévitablement, les autres groupes devraient emboîter le pas. La France compte aujourd’hui 37 000 agences. Ce chiffre est cependant amené à fondre peu à peu au cours des années à venir.
Une baisse de fréquentation, mais pas que !
À priori, cette décision des banques semble émaner de la baisse de fréquentation des agences sur tout le territoire. Une étude a d’ailleurs montré que plus de la moitié des Français ont déclaré se rendre moins souvent en agence car les services en ligne étaient plus pratiques.
De plus, un simple comparatif bancaire leur a fait comprendre que les conditions étaient aussi plus attractives dans une banque en ligne.
Mais cela va plus loin que le taux de fréquentation. Les banques sont désormais contraintes d’adopter une stratégie d’optimisation de leurs agences. Plus précisément, elles préservent surtout celles où les crédits ou les produits d’épargne restent prisés.
Dans les zones où ces activités bancaires sont moins denses, les risques de désaffection sont réels, tant pour les agences que les distributeurs automatiques de billets. Les habitants de certaines localités, n’ayant pas accès au numérique, devront-ils bientôt faire des kilomètres pour retirer de l’argent ou pour rencontrer un chargé de clientèle ? Qu’en est-il alors des personnes âgées et de celles à mobilité réduite ?