Les banques françaises accordent toujours une très haute importance à la clientèle jeune

Photo d'un panneau avec le logo du Crédit Mutuel sur leur agence bancaire locale pour Lyon, France.

Les mois de juin et de septembre constituent des périodes décisives pour les établissements bancaires. Au cours de celles-ci, ils enchaînent les nouvelles offres et les spots publicitaires dédiés pour séduire le maximum de jeunes. Une clientèle qui ne change de banque que dans des occasions très rares, une fois conquise.

Les banques françaises redoublent d’efforts chaque année pour capter de nouveaux jeunes dans leur portefeuille client. À cet effet, elles multiplient les campagnes de communication et les nouvelles offres consacrées à cette catégorie. Une pratique dont beaucoup s’interrogent sur la raison. À noter que ces prospects vivent avec des budgets assez faibles et peu, voire pas de patrimoine financier.

Imad Tabet, directeur du marché des particuliers chez Crédit Coopératif, répond qu’il s’agit d’un investissement pour le futur. Celui-ci produira, d’après lui, une rémunération relativement faible au début. Mais dès que le titulaire de compte commencera à exercer une activité professionnelle, cette opération deviendra rentable, explique-t-il.

Une clientèle rentable sur la durée

Le responsable du domaine bancaire chez Accenture, Jérôme Barrué, appuie que les établissements ne rentabiliseront :

La clientèle jeune […] que peut-être dix ans plus tard.

Jérôme Barrué

Les meilleures banques pour les jeunes seront obligées de mettre en avant des arguments très percutants pour séduire ces jeunes. Ceux-ci devant dépasser l’inclination naturelle, qui incite à ouvrir un compte auprès de l’établissement des parents. Un cas qui concerne une grande partie des jeunes.

Les opportunités de ces derniers de partir chez un concurrent demeureront en réalité exceptionnelles une fois qu’ils sont recrutés :

  • Séparation d’un compte-joint après une rupture ou association de comptes, pour un couple ;
  • Acquisition immobilière.

Pour les institutions bancaires, ces temps forts sont reconnus comme largement plus compliquées à viser qu’une tranche d’âge spécifique. Évoquant les néobanques qui plaisent fortement aux jeunes, Jérôme Barrué observe que lorsqu’on sélectionne une banque :

[…] On a tendance à la garder, mais ça ne veut pas dire que c'est la seule.

Jérôme Barrué

Une enquête du cabinet Bain & Company avertit que les affiliés les plus volages portent sur :

  • Ceux qui totalisent un revenu annuel de 80 000 euros ;
  • Les jeunes.

Les établissements adaptent leurs offres et leur discours pour les jeunes

Deux moments clés se démarquent dans la chasse aux clients jeunes :

  • Lors de la rentrée universitaire, auprès des étudiants ;
  • Pendant la période du baccalauréat, auprès des lycéens.

Durant le premier, les banques lancent des offres telles que des assurances pour les colocations, le crédit permis de conduire … Pendant le second, elles tentent d’attirer avec des primes évoluant selon les mentions décrochées. Lorsqu’il s’agit de s’adresser à cette classe d’âge, les établissements ajustent aussi leurs communications afin d’abandonner leur représentation feutrée. Pour séduire un jeune,

L’expert bancaire d’Accenture recommande de lui tenir un discours se rapportant aux :

  • Solutions pour trouver une colocation ;
  • Emplois ;
  • Remises en argent ;
  • Bons plans.

Selon une enquête du cabinet Kantar, les banques recourent aux grands moyens pour promouvoir leurs produits dédiés aux jeunes. L’an passé, Crédit Mutuel a par exemple déboursé quelque 7,3 millions d’euros brut pour son catalogue d’offres. Pour la formule Start étudiants entrepreneurs, le CIC a quant à lui dépensé 7,9 millions d’euros.

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