Vers une révision des frais de change entre pays européens
Un résident d’un pays ne faisant pas partie de la zone euro doit payer davantage de frais bancaires que celui dont la monnaie nationale est l’euro. Ces frais supplémentaires s’appliquent à l’occasion d’un virement ou d’un retrait effectué depuis ou vers un territoire de l’Union européenne. Bruxelles envisage de les plafonner. D’autres mesures seront aussi prises en faveur des particuliers et des entreprises.
Si on s’en tient à la réglementation actuelle, les frais prélevés à l’occasion d’un virement effectué entre pays européens peuvent s’élever à 24 euros. C’est par exemple le cas des transactions réalisées depuis la Suède vers la Roumanie.
Avec les nouvelles dispositions de la Commission européenne, un virement exécuté vers la Pologne sera facturé au même prix qu’une opération entamée en Espagne, un pays qui adopte l’euro comme monnaie d’échange.
Outre la régulation des frais de virement, les coûts de conversion seront aussi revus, de manière à réparer les « injustices » subies par les usagers qui utilisent leur carte bancaire hors de la zone euro. La recherche de l’équité amène les responsables à opter pour un marché plus transparent.
Favoriser l’équité entre les consommateurs de l’Union européenne
Si les frais relatifs aux paiements transfrontaliers s’alignent dans nombreux pays européens, c’est en vertu du SEPA. Hors zone euro, les coûts tendent donc à augmenter, parfois démesurément. C’est la raison pour laquelle la Commission européenne décide de s’y pencher.
Quant aux frais de change, l’organisme de régulation des activités bancaires au niveau européen a compétence pour fixer provisoirement un montant maximum à ne pas franchir. Il sera applicable dans tous les États membres de l’Union européenne.
Moins de frais sur les virements en euros à destination d’un pays hors zone euro
Avant de payer une transaction par carte de débit ou de retirer de l’argent via un guichet automatique, les usagers devront préalablement dresser un comparatif frais bancaires. De cette façon, ils pourront trier les services de conversion les moins chers du marché. D’ailleurs, Bruxelles projette de répandre cette politique de transparence à toutes les monnaies utilisées par les pays membres de l’Union européenne.
Mais ce n’est pas tout. Les frais induits par les éventuels paiements à destination des pays comme la Bulgarie et l’Angleterre seront les mêmes que ceux qui prévalent dans les pays membres de la zone euro.
3 milliards d’euros d’économies avec la réduction des frais de conversion
En attendant que le superviseur bancaire européen définisse les normes qui encadrent les paiements en devise entre les États européens, un plafond sera fixé. Il servira à limiter l’écart entre le montant issu de la conversion monétaire dynamique et celui du paiement en monnaie étrangère.
À l’entrée en vigueur des textes, les économies réalisées par les usagers de la zone euro totaliseront 3 milliards d’euros par an selon Consumer Intelligence, une société d’études marketing. Concernant la population française, elle bénéficiera d’une diminution des frais de change de 23 %, soit une somme correspondant à 345 millions d’euros d’économies chaque année.