Les citoyens gabonais commencent à plébisciter les sociétés de microfinance
À l’instar des banques traditionnelles européennes, avec l’avènement des néobanques, les succursales classiques gabonaises doivent aussi faire face à de nouveaux concurrents, les sociétés de microfinance. Bien que les établissements bancaires traditionnels restent pour le moment les leaders du marché, leurs nouveaux rivaux commencent à gagner du terrain, en atteste la hausse de leur clientèle.
En Europe et aux États-Unis, les succursales classiques se retrouvent menacées par l’arrivée des néobanques. Ces fintechs gagnent de plus en plus de parts de marché, certaines commencent même à faire sérieusement de l’ombre aux plus grandes banques.
Cette tendance a fait sous-entendre aux professionnels du secteur que les succursales classiques doivent entamer au plus vite leur mue numérique au risque de se faire distancer par les la nouvelle génération. Qui plus est, changer de banque est désormais plus facile grâce à l’assouplissement des mesures.
Mais en Afrique, et plus précisément au Gabon, c’est un tout autre bilan que l’on constate avec la montée en puissance de la microfinance.
Hausse des fonds propres et de l’encours des crédits
Les banques classiques au Gabon sont sereines pour le moment. Elles ont d’ailleurs accusé une augmentation de leurs bilans de 1,7 %, soit environ 2 688,9 milliards de FCFA de total agrégé à la fin du mois de juin dernier. Un chiffre qui ne signifie pas toutefois une indéniable victoire, car le secteur de la microfinance commence de son côté à gagner du terrain.
Leurs fonds propres sont en hausse de 41,8 %, passant ainsi à plus de 11 milliards de FCFA, et sa clientèle ne cesse de s’accroître depuis juin 2018. De plus, à cette époque-là, on ne comptait que 68 agences de microfinance, ce chiffre s’élève désormais à 80 sur tout le territoire gabonais. Il en va de même pour encours de dépôts et de crédits qui sont respectivement en hausse de 61,6 % et 59,3 %.
Les experts financiers du pays se demandent si c’est le signe qui annonce la fin prochaine du système bancaire classique. Certes, les succursales traditionnelles détiennent plus de sociétaires, mais force est de constater que de plus en plus de citoyens préfèrent se tourner vers les établissements de microfinance.
D’ailleurs, à la fin du mois de juin 2018, Financière africaine de microprojets, Atlantic Microfinance for Africa et Compagnie financière africaine totalisait à eux trois 189 792 clients. À l’heure actuelle, on dénombre 228 470 usagers inscrits à leurs registres.
L’avenir de l’Afrique ?
Les sociétés de microfinance gabonaises auront réussi à séduire les particuliers, en atteste la hausse de 61,6 % de l’encours des dépôts. En effet, les dépôts dans les sociétés de microfinance étaient de 37,2 milliards de FCFA en juin 2019, mais cette somme est finalement passée à 60,1 milliards de FCFA en à peine une année. Ce succès s’explique notamment par leur modèle économique offrant une rentabilité plus avantageuse et stable comparée aux banques traditionnelles.
Les professionnels du secteur présentent déjà ce secteur comme l’avenir de l’Afrique. Une qualification justifiée ou non, toujours est-il que cette alternative aux banques classiques contribue directement au développement du secteur intermédiaire africain.
Les investisseurs locaux ont aussi senti le filon et désignent la microfinance comme le meilleur moyen de soutenir financièrement et efficacement les entreprises dans les pays en voie de développement comme le Gabon.