La hausse du spread Italie-Allemagne alerte les banques italiennes
L’élargissement de l’écart des taux d’intérêt à long terme entre l’Allemagne et l’Italie alarme les banques italiennes. Le 19 octobre dernier, l’intervalle est parvenu jusqu’à 340 points, atteignant par la même occasion le niveau le plus élevé depuis ces 5 dernières années. Rome affiche désormais l’un des ratios d’endettement les plus élevés de la zone euro avec la Grèce.
Entre les emprunts de l’Italie et de l’Allemagne, qui est une référence sur le Vieux Continent, un énorme écart de rendement s’est creusé, au point d’aboutir à 340 points le 19 octobre dernier. Le spread a ainsi atteint son niveau le plus élevé en 5 ans et demi. De plus, le taux des obligations d’État à échéance de 10 ans est allé au-delà de 3,8 %, ce qui ne s’était pas produit depuis près de 4 ans.
Cette situation fait trembler non seulement les banques italiennes mais aussi les établissements européens. L’Association des banques italiennes a d’ailleurs exprimé son inquiétude en déclarant que l’envolée du spread dégradait les perspectives relatives aux équilibres des comptes publics mais décourageait également les projets d’investissement des ménages et des entreprises.
La Commission européenne dévoile son inquiétude
L’agence de notation Fitch a revu les notes à long terme de plusieurs banques italiennes, dont Credem, UniCredit et Intesa Sanpaolo, pour les placer sous perspective négative en septembre dernier. Elle a également ajouté qu’il était plausible que ces notes s’abaisseraient si la notation de la dette de l’État italien se dégradait. Fitch résume :
« Les notes des autres banques italiennes pourraient être sous pression si le climat économique devait se dégrader et avoir un impact sur la qualité de leur portefeuille de prêts [...] La combinaison de ces deux facteurs pourrait rendre les niveaux de capitalisation des banques moins adéquats avec les risques croissants ».
Le commissaire européen aux affaires économiques a remis au ministre des Finances italien une lettre de la Commission européenne dans laquelle l’institution faisait part de ses inquiétudes. Après avoir fait le point sur la situation à Rome, Pierre Moscovici a toutefois rassuré que les tensions affectant la dette italienne ne risquaient pas de s’étendre.
Une situation qui risque de nuire à l’économie
L’Association des banques italiennes a appelé les autorités européennes et italiennes à un dialogue constructif afin de venir à bout d’une situation susceptible de nuire à l’économie. La dette publique de l’Italie expose en effet les assureurs et les banques à d’importants risques.
Détenant des portefeuilles d’obligations considérables, ces acteurs sont les premières victimes des tensions portant sur les rendements ; un des critères à prendre en compte pour ceux qui envisagent de changer de banque.
Il faut dire que les valeurs bancaires ont diminué considérablement le 19 octobre. Ubi Banca avait notamment clôturé en baisse de 6 % et UniCredit de près de 5 %. Banco BPM et Banca Generali avaient par ailleurs cédé jusqu’à 8 %.