L’incursion des plateformes de type Gafa dans le secteur de la banque
L’innovation de la technologie apporte des changements dans le secteur de la banque. Ces transformations ne sont pas nécessairement bénéfiques pour les enseignes bancaires surtout pour les banques traditionnelles. Néanmoins, le système de la banque ouverte permet un grand développement du secteur dans le cadre d’évoluer en même temps que la technologie tout en gardant les principes de base.
Les experts du cabinet Deloitte remarquent une importante dépendance des banques envers les fournisseurs technologiques. Les interfaces clients sont généralement confiées à des entités tierces. De même pour les fonctionnalités en option liées au développement du numérique.
Plusieurs options s’offrent aux organismes bancaires, y compris celles permettant d’éviter l’entrée en vigueur des géants digitaux. Dans l’optique de recentrer les banques vers les concepts de base du secteur financier, la meilleure solution préconisée est l’Open Banking, le partage des données et de transactions avec un écosystème de partenaires. Une stratégie déjà adoptée par certaines banques dans plusieurs pays, notamment en Chine et en Espagne.
Les impacts de la révolution numérique dans le secteur de la banque
Les charges des établissements bancaires regroupent principalement la relation client, la conception des produits et services ainsi que la gestion des risques. À l’heure du numérique, les banques deviennent de plus en plus dépendantes des fournisseurs technologiques pour leurs infrastructures, leurs logiciels et les plateformes de gestion.
EssentielConcernant l’expérience client bancaire, de nombreuses enseignes s’efforcent de se mettre à niveau quant à la numérisation du service en ayant recours aux différents fintech ou encore aux géants du digital. Sans définir leurs standards de base, elles se contentent de suivre le cheminement ne s’intéressant plus au concept initial.
Étant donné les conjonctures dans le secteur de la banque, il est possible de monopoliser la conception de sa gamme de services sans recourir à des fournisseurs en externe ne répondant pas forcément aux standards remarqués en Europe.
D’autres options sont disponibles : conserver uniquement l’interface client et proposer une offre ouverte à ceux des tiers ou de se concentrer en priorité sur les infrastructures.
L’Open Banking est la meilleure solution adaptée à la situation
La deuxième directive européenne sur les services de paiements DSP2 pousse les banques à se recentrer vers leur activité de base en adoptant l’Open Banking (l'ouverture des systèmes d'information des banques et le partage des données de leurs clients à des tiers).
D’après Julien Maldonato :
Les banques ont la possibilité de se positionner comme des usines, afin de répondre à de gros appels d'offres de grands acteurs comme les Gafa, tels qu'Amazon. Ce scénario est probable.
Julien Maldonato.
En outre, en abandonnant le contrôle de l’interface client, les banques sont de ce fait incitées à se recentrer sur sa fonction centrale de production de crédit et de produits financiers et s’ouvrir à un système de partenariat avec les géants du digital pour les fonctionnalités supplémentaires.
Entre autres, la banque de Singapour DBS engage dès 2013 une transformation digitale radicale inspirée de la démarche des Gafa, dans une logique de banque ouverte. La plus vaste plateforme bancaire d'API pour développeurs au monde lancé en novembre dernier compte plus d'une cinquantaine de partenaires comme McDonald's ou Foodpanda.
Également, en mai dernier, la banque espagnole BBVA adopte cette transformation numérique et lance son programme d'open banking, BBVA API Market en projetant de devenir la meilleure plateforme sur laquelle construire de nouvelles expériences digitales.
Toutefois, malgré plusieurs années de crainte, le modèle traditionnel des banques est encore sollicité par les usagers pour l’instant.
Selon Julien Maldonato, expert de la transformation digitale dans l'industrie financière chez Deloitte :
Ce n'est pas la révolution susceptible de faire basculer les Français au point de changer de banque principale : il n'y a pas eu d'effet fort sur la redistribution des parts de marché.
Julien Maldonato.