La Turquie prend des mesures pour sauver sa monnaie
La livre turque est en train de perdre jusqu’à plus de 40 % de sa valeur. Comme il fallait s’y attendre, cette crise monétaire se répercute au-delà des deux rives du Bosphore. La Turquie étant un partenaire commercial de premier ordre de la Russie qui à son tour traite avec de nombreux pays émergeants, le plongeon de la livre a emporté dans son sillage le rouble, le rand sud-africain, le réal brésilien et autre peso argentin. Pour y faire face, la Turquie applique des mesures pour redresser la barre.
La mise en place de la révision des taux de réserves pour les banques commerciales
La Banque Centrale de la République de Turquie est le premier a instauré une mesure : la révision des taux de réserve pour les banques commerciales. Elle a ainsi promis de fournir 10 milliards de livres (l’équivalent de 6 milliards USD ou 3 milliards en or) au système financier. Cela dans le but d’éviter le problème de liquidité.
Cette mesure a rassuré un peu le marché boursier et a fait remonter la valeur de livre turque. En effet, si la valeur de la livre était en deçà de 0,14 dollar américain le lundi 13 août dans la matinée, elle vaut 0,17 dollar trois jours plus tard.
Important Selon l’économiste Deniz Akagul, la Turquie devrait opter par une autre solution qui consiste augmenter le taux directeur de la Banque centrale.
Cette alternative permettrait d’endiguer la dépréciation rapide de la livre turque.
Tout se joue entre Ankara et Washington
Cette crise qui est avant tout politique ne trouvera pas d’issues favorables tant qu’il n’y a pas d’apaisement de tension entre Ankara et Washington. D’un côté, il y a les États-Unis qui imposent des taxes énormes sur l’acier et l’aluminium turcs, de l’autre, il y a le président turc Erdogan qui durcit le ton contre Donald Trump en l’accusant d’être l’auteur d’un vaste complot pour affaiblir l’économie turque.
Cette tension engendre des vastes inquiétudes sur le marché boursier, ce qui incite les investisseurs à quitter les placements touchées directement et indirectement par ce problème. Ainsi, beaucoup ont opté pour les monnaies plus fiables comme le yen japonais et le franc suisse, au détriment des monnaies émergeantes.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres
Si la crise turque commence à atteindre un niveau mondial, elle ne fait pas que des malheureux. Comme on dit « les malheur des uns fait le bonheur des autres », les touristes français et les ressortissants de l’union européennes qui visitent la Turquie trouvent une aubaine dans cette situation.
Important En effet, étant une destination touristique très appréciée, la Turquie devient d’autant plus intéressante car le gîte et le couvert sont devenus moins chers pour ceux qui y viennent avec leur euro.