Les dépôts bancaires affichent une nette baisse, surtout en Île-de-France
Durant toute la durée du confinement, les dépôts bancaires sur les comptes courants ont explosé, une situation que les professionnels du secteur attribuent à l’incertitude économique. Mais depuis le mois d’août, cette tendance semble s’être inversée, mais cela se remarque surtout dans une à deux régions, les experts avancent plusieurs hypothèques pour expliquer cela.
L’avènement de la pandémie du covid-19 s’est accompagné d’une incertitude économique, une condition qui a incité la majorité des Français à se constituer une réserve financière.
En effet, durant le confinement, les dépôts sur les comptes courants et les plans d’épargne accusent une hausse conséquente. D’après les chiffres de la Banque de France, plus de 160 millions d’euros ont été versés sur ces comptes, soit une augmentation de 7 %.
Une tendance qui semble avoir pris fin au début du mois d’août. Les habitants de certains départements sont même allés jusqu’à vider leur compte bancaire. De quoi susciter les questionnements chez les professionnels du secteur quant à la reprise des dépôts massifs sur les livrets à l’aune de ce reconfinement.
Des dépôts records et des retraits massifs
Tout le monde n’a pas pu se constituer une réserve financière durant le cantonnement. En effet, près de 1,3 million de personnes ont sollicité une aide alimentaire à Secours populaire.
D’après cette association, 45 % de ces quémandeurs le font pour la première fois. Toutefois, quelques citoyens mieux lotis n’ont pas eu recours à ce type de soutien et ont quand même pu verser d’importantes sommes sur leur compte bancaire pour un total dépassant les 160 milliards d’euros.
À la sortie du confinement, cette tendance s’est maintenue, les dépôts bancaires ayant augmenté de 36,4 milliards d’euros, dont un peu moins de la moitié proviennent des Franciliens et essentiellement des Parisiens. Des versements qui se sont estompés au mois d’aout, où ils n’ont progressé que de 200 millions d’euros.
Et étonnamment, cette tendance est plus marquée chez les habitants de la capitale française. D’après les données de la Banque de France, ces derniers ont prélevé environ 6,4 milliards d’euros sur leur compte courant, dont 800 millions ont été reversés sur des livrets d’épargne. Le rapport de la Banque de France précise que les résidents du Val-de-Marne et de l’Essonne ont prélevé respectivement 300 et 100 millions d’euros.
Plusieurs hypothèses pour expliquer ce paradoxe
Même si en Île-de-France, les habitants commencent à puiser sur leur compte bancaire, dans les autres régions de l’Hexagone les dépôts continuent d’augmenter. Une tendance particulièrement marquée en Corse, en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d'Azur où ils affichent une hausse d’au moins 1 %.
Les professionnels du secteur sont intrigués par ce paradoxe. Plusieurs raisons ont été évoquées, l’on parle notamment d’une tendance similaire, mais sous une autre forme.
Les professionnels du secteur avancent que les Franciliens continuent d’effectuer des dépôts, à l’instar des habitants des autres régions, mais ici en versant les fonds de leur compte courant sur leur compte épargne. Cette hypothèse présente néanmoins une faille, ne serait-ce que de citer l’encours de l’assurance-vie qui continue de baisser.
Pour expliquer ces retraits sur les comptes courants chez les habitants de la capitale française, les professionnels suggèrent aussi les dépenses des vacances estivales.
De même, certains d’entre eux avancent également que la crise s’est finalement étendue vers les personnes jusqu’ici préservées. Malgré toutes ces hypothèses, on ne saurait encore se prononcer sur les raisons réelles de ce paradoxe. La réponse pourrait venir d’ici les prochaines semaines de ce reconfinement.