L’écosystème actuel invite les banques à développer une finance plus éthique

une conseillère devant un client bancaire

Même si le Covid-19 tend à accaparer l’attention, la problématique écologique reste un sujet d’actualité pour la population, les pouvoirs publics et les opérateurs économiques. Les banques sont souvent mises en cause en raison de leurs investissements dans les énergies fossiles et les activités non durables. Certains acteurs du secteur militent ainsi pour l’avènement de la finance éthique.

Aujourd’hui, les consommateurs commencent à considérer des critères éthiques pour choisir la domiciliation de leurs comptes bancaires. Ils sont par exemple 46 % à envisager de changer de banque si leur établissement actuel finançait la production d’énergies fossiles, selon une récente enquête de la chaîne Arte. Les banques solidaires comme la Nef bénéficient ainsi d’un contexte favorable en ce moment.

Fondée en 1988, la coopérative financière Nef (Nouvelle économie fraternelle) développe et distribue des produits d’épargne solidaires. Ces fonds sont exclusivement dédiés à des projets sociaux ou à des activités à finalité environnementale. L’an dernier, l’établissement a comptabilisé 102 millions d’euros de prêts pour 150 millions d’euros de collecte.

Manque de transparence sur l’usage des fonds

Depuis quelques années, certaines banques traditionnelles ont commercialisé des produits d’épargne supposés « solidaires ». Ce type d’offre intéresse de plus en plus les consommateurs, comme en témoigne la hausse continue des encours dans le secteur. Malheureusement, les fonds ne sont pas toujours dédiés à des projets durables ou éthiques.

En avril dernier, la chaîne belge RTBF a enquêté sur les gammes de produits présentés par les banques locales comme des investissements socialement responsables. Ces fonds finançaient en réalité diverses activités incluant des entreprises évoluant dans le domaine de l’armement ou le secteur pétrolier. De tels détournements sont bien trop fréquents selon les défenseurs de la finance éthique.

Les fonds de microcrédit ont aussi été plébiscités depuis la crise de 2008. Ils permettaient en effet aux épargnants de gagner de l’argent et de se sentir utiles en soutenant les pays émergents. Pourtant, certains opérateurs affichaient des taux d’intérêt atteignant 100 %. Au final, ces pratiques n’ont fait qu’aggraver la situation financière des populations déjà précaires.

Tout en dénonçant ces dérives, la Nef montre l’exemple en publiant une liste annuelle de tous les prêts qu’elle a octroyés. Ses sociétaires ont ainsi la possibilité de connaître dans les détails les investissements réalisés avec leur argent. Toutefois, cette politique est quelque peu problématique sur le plan commercial.

En effet, les concurrents ont facilement accès au répertoire client et aux taux pratiqués par la banque. Néanmoins, cette démarche est indispensable pour garantir la transparence de la gestion et rassurer les sociétaires face aux risques de dérive.

Principes à promouvoir

Même si l’idée commence à séduire, le concept de banque éthique est encore peu connu du grand public. Par ailleurs, ce modèle nécessite des efforts collectifs sur le long terme et d’importants engagements de la part des acteurs du secteur. La finance éthique se présente ainsi comme un idéal à concrétiser, nécessitant l’implication de toutes les parties prenantes.

Comme l’a remarqué le président de la Nef, Bernard Horenbeek :

[…] la vertu n’étant pas inscrite dans les gènes des banques, je ne pense pas que, sans règle, sans effort de transparence véritable et sans pression citoyenne, elles se mettent à soutenir naturellement les projets économiques porteurs de sens et d’intérêt général.

Bernard Horenbeek

Le modèle économique de la banque éthique a déjà fait ses preuves après la crise de 2008. En effet, ce type d’établissement a été relativement épargné par cet évènement, selon le dirigeant de la Nef. À l’époque, l’homme d’affaires était administrateur au sein de la FEBEA (Fédération européenne des banques éthiques et alternatives).

Cette résilience vient notamment des valeurs fondatrices des banques solidaires et des institutions financières éthiques en général. En effet, ces établissements financiers alternatifs investissent exclusivement dans l’économie réelle et dans les projets durables. De plus, ils privilégient la transparence sur tous les plans, notamment dans la gestion des fonds et dans l’attribution des crédits.

Concrètement, ces principes ont permis de protéger les enseignes solidaires des dérives néfastes pour le secteur financier, comme les montages financiers complexes et risqués. Ainsi, la banque éthique représente une piste intéressante pour surmonter la crise sanitaire et économique actuelle.

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