Les Français souhaitent que la banque devienne un service public

Bâtiment de la banque Crédit Mutuel.

Alors que par sa nature, l’activité bancaire suit une logique commerciale, beaucoup refusent d’adhérer à cette réalité. D’après une enquête d’opinion, 68 % des Français voudraient qu’elle tombe dans le domaine des services publics. Pour eux, les opérations bancaires relèvent de l’intérêt général, la perception de salaire nécessitant un compte par exemple.

Pour nombre de Français, la banque doit être réintégrée dans une sphère publique, conçue surtout pour les plus vulnérables. Lors de la campagne présidentielle de 2017, la France Insoumise (LFI) avançait entre autres un projet animé par cette logique. Dans son programme « L’avenir en commun », le parti politique proposait notamment la création d’un service public bancaire. Hermétique face aux opérations de spéculation, celui-ci serait soustrait de tout but mercantile. Quant à sa mission, il vise à permettre au plus grand nombre de profiter des prestations bancaires et au prêt. Une vocation dont la poursuite sera assurée par un maillage d’agences de proximité.

Une manœuvre difficile à concevoir

De même, parmi les missions figure la fourniture d’un compte bancaire gratuit aux clients en bas du seuil de pauvreté. Dans cette perspective, le mouvement LFI suggérait essentiellement d’étatiser les acteurs principaux des établissements bancaires coopératifs et mutualistes. En guise de comparatif banque, cette proposition s’adresse notamment à :

  • Crédit Mutuel ;
  • Caisse d’Épargne ;
  • Banque Populaire ;
  • Crédit Agricole.

Cependant, cette recommandation semble avoir présenté peu d’arguments convaincants. Même partiellement, aucun autre groupe politique siégeant à l’Assemblée nationale n’a fait cause commune avec le parti de Jean-Luc Mélenchon. Même les syndicats de consommateurs font preuve de réserve à l’égard de la visée susmentionnée. Ils se retiennent d’appeler le gouvernement à exercer une pression sur les banques en cas de besoin. Alors que beaucoup s’interrogent sur le réalisme que dégage cette nationalisation, la sociologue spécialiste des banques, Jeanne Lazarus, répond :

Si on parle de l’accès aux moyens de paiement, pourquoi pas. […] Pour le crédit et les placements, en revanche, ça semble plus compliqué. Un service public du crédit, par exemple, serait très difficile à imaginer.

Jeanne Lazarus

L’opinion d’une large majorité

Néanmoins, il faut savoir qu’à une époque, les plus grandes banques en France constituaient des sociétés publiques. L’État, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, nationalise les banques commerciales importantes en vue de la relance économique. Il faut attendre jusqu’en 1987 pour qu’elles soient privatisées. Dès cette année, Jacques Chirac, Premier ministre d'alors, engage une vague de désétatisation. Le cycle ne prendra fin qu'au début des années 2000. Tour à tour, chaque enseigne bancaire retourne progressivement dans le secteur privé :

Société Générale, Crédit commercial de France, Paribas en 1987 ;

  • BNP en 1993 ;
  • CIC en 1998 ;
  • Crédit Lyonnais en 1999 ;
  • Etc.

Dans ce contexte, YouGov a mené une enquête liée à l’insertion de la banque dans un service public, début juin dernier. Le site a ainsi consulté 1 068 personnes d’au moins 18 ans auprès de la population française. Les résultats de l’étude montrent que 24 % des sondés s’opposent à cette intégration. 8 % formulent un avis neutre tandis que 68 % se disent favorable à une telle mesure.

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