Banque de France s’attend à ce que les banques tricolores parviennent à harmoniser des standards en matière d’analyse climatique
Dans l’Hexagone, les enseignes bancaires font désormais partie de celles à prendre à cœur la lutte contre le réchauffement climatique. Ce, dans le but de venir à bout des objectifs qu’elles se sont fixé d’atteindre en matière de neutralité carbone qui passe avant tout par la mise en place d’outil d’analyse permettant de mesurer le taux d’émission de CO2 de leurs clients.
En effectuant une comparaison des banques, l’on peut découvrir que BNP Paribas, Société Générale ou encore Crédit Agricole figurent en tête de liste des grandes enseignes bancaires tricolores à ne pas ménager leurs efforts dans la concrétisation de leurs objectifs de neutralité carbone.
Pour le dire, il suffit de prendre en compte le fait que ces dernières se sont lancées dans une course effrénée pour laquelle d’entre elles serait la mieux lotie en matière d’outil permettant d’évaluer le niveau d’exposition de gaz à effet de serre des entreprises faisant partie de leur portefeuille clientèle.
Ce qui serait d’ailleurs une bonne nouvelle selon Banque de France pensant cependant à la nécessité de la mise en place d’un système permettant d’harmoniser ces différents outils pour en faire un standard national.
Les banques tricolores veulent se rattraper
À travers le financement de la déforestation ou encore des énergies fossiles, les banques tricolores sont, depuis longtemps, tenues pour responsable dans l’aggravation du réchauffement climatique. Raison pour laquelle, les banques tricolores se sont donné pour missions de nettoyer leur image en faisant des efforts dans l’atteinte de leurs objectifs bas carbone. À Dominique Lefebvre, l’homme à la tête de Crédit Agricole d’expliquer ce choix :
C’est une image, mais aujourd’hui, il ne s’agit pas d’avoir un véhicule qui consomme moins, mais bien de changer de carburant. Pour cela, tous les agents économiques, des entreprises aux particuliers, doivent concourir à la décarbonation de l’économie. Et nous voulons les accompagner.
Dominique Lefebvre
Et d’ajouter :
Il n’y a que tous ensemble que nous éviterons le mur des 4 °C de hausse de température.
Dominique Lefebvre
Un point de vue d’ailleurs partagé par l’ensemble des acteurs financiers qui, pour montrer leur détermination, se sont lancés dans la mise en place de différents outils d’analyse climatique avec en tête de peloton Crédit Agricole, Société Générale et BNP Paribas.
Soit, autant d’acteurs adoptant chacun de leur côté leur propre méthodologie qui in fine a pour but ultime d’aligner leurs objectifs de neutralité carbone à celui prévu par l’Accord de Paris.
Banque de France table sur l’harmonisation des outils
Il va sans dire qu’en œuvrant chacun de leur côté, les acteurs financiers tricolores ont donné naissance à différents outils d’analyse climatique. Ce qui n’a pas manqué d’inquiéter François Villeroy de Galhau faisant valoir qu’au final, le système pourrait se perdre dans un brouillard de références en se basant sur le fait que :
Nous ne sommes pour l’instant pas capables d’analyser et de comparer les progrès des institutions financières dans nos rapports publics.
François Villeroy de Galhau
Pour éviter le pire qui serait d’éloigner le secteur de ses objectifs, le gouverneur Banque de France estime ainsi qu’il est désormais nécessaire de prendre les devants en soulignant que :
Nous avons besoin d’une harmonisation des standards.
François Villeroy de Galhau
Dans cette optique, M. François Villeroy de Galhau a fait savoir que l’institution a placé ses espoirs sur l’entrée en vigueur du règlement européen sur la publication d’informations en matière de durabilité qui est prévu pour le 10 mars prochain. Le dispositif qui selon lui devrait :
- Inciter les banques à unir leurs forces dans l’harmonisation des pratiques ;
- Renforcer la pression réglementaire en France.