Les banques kényanes ferment leur robinet de crédits
Au Kenya, les grandes banques ont voulu faire preuve de solidarité en octroyant plus de crédits afin de soutenir les ménages et les entreprises en ces temps de crise. Ainsi, entre les mois d’avril et de septembre, le flux de nouvelles créances a considérablement augmenté. Mais vraisemblablement, leur bonne foi n’aura pas été récompensée.
Quelle banque choisir ? Bon nombre de particuliers se sont posé la question à l’avènement de la pandémie du covid-19 et de l’incertitude économique qui s’en est suivie. En effet, la crise sanitaire s’est accompagnée d’un chômage technique, synonyme d’une diminution des revenus pour les ménages.
La situation s’est d’autant plus révélée inquiétante pour les entreprises, et particulièrement pour les petites enseignes qui, en dépit de la conjoncture actuelle, doivent toujours s’acquitter de leurs prêts bancaires. Pour faire face à tous ces besoins, des banques kenyanes ont eu l’idée de soutenir financièrement les ménages et les entreprises en accordant plus de prêts.
Une mesure pour soutenir les ménages et les entreprises
Les retombées économiques de l’épidémie du covid-19 ne sont plus à rappeler. Elles ont menacé de faillite de nombreuses enseignes, sans parler des conséquences sur les ménages les plus précaires. En Afrique, les divers gouvernements ont essayé de relancer leur économie via des aides financières exceptionnelles, mais les différents secteurs d’activité peinent à retrouver leur niveau d’avant la crise.
Au Kenya, les banques ont ainsi décidé d’apporter leur pierre à l’édifice. Afin de soutenir les ménages et les petites entreprises en cette période de covid-19, la banque centrale du pays a incité les succursales locales à répondre plus favorablement aux demandes de prêts. Pour ce faire, elle a, entre autres, interdit aux cabinets d’analyses des risques sur le crédit de dévoiler la liste des personnes sujettes à des défauts de paiements sur les prêts.
Les établissements bancaires disposaient ainsi de moins de données et avaient plus de chance d’accorder un financement. Qui plus est, les emprunteurs éventuels pouvaient recevoir leur créance directement sur leur téléphone portable.
C’est une mesure louable, mais elle a été levée à la fin du mois de septembre dernier. Et pour cause, cela a conduit à une hausse des créances douteuses.
Une tournure inattendue
Malgré les intentions initiales de la banque centrale du Kenya et des établissements bancaires du pays, la situation s’est très rapidement retournée contre eux. En effet, on a assisté à une hausse de la délinquance chez les débiteurs, en conséquence de quoi les succursales ont décidé de réduire le flux des prêts.
C’est notamment le cas de Kenya Commercial Bank, un des plus grands établissements bancaires du pays, qui a réduit de moitié les volumes de crédit octroyé, passant ainsi de 10 milliards de shillings à 5 milliards.
D’autres banques comme Equity Group ont, quant à elles, décidé de n’accorder des prêts qu’aux détenteurs de compte dans leurs établissements.
À noter tout de même que ce tumulte aura été favorable à certains acteurs financiers. On peut notamment citer Safaricom, leader télécom et des opérations financières via le mobile au Kenya, qui a tiré avantage de l’octroi de créances via les téléphones portables. D’après les chiffres à disposition, de nouveaux crédits à hauteur de 149,5 milliards de shillings ont transité sur sa plateforme de découvert financier Fuliza entre le début avril et la fin du mois de septembre 2020.