Orange Bank n’est plus à la recherche d’un remplaçant de Groupama
Alors que Groupama a décidé de céder sa part de capital d’Orange Bank, plusieurs banques sont coude à coude dans leur course aux actions, Société Générale et BNP Paribas notamment. Mais au bout de quelques semaines de discussions, Orange aurait lâché l’affaire. En cause, l’absence d’un équilibre capitalistique. C’est du moins ce qu’a révélé le patron de la banque mobile.
Le groupe Orange était à la recherche d’un nouveau partenaire depuis plusieurs mois, pour sa filiale bancaire. Pour rappel, Boursorama Banque, son actionnaire à hauteur de 22% a décidé au mois de mars dernier de céder sa part. Mais nuance, l'opérateur télécoms, qui tient un positionnement stratégique au sein d’Orange Bank, ne veut pas pour autant céder le contrôle.
Ce qui l’a amené à clore les négociations avec ses deux potentiels actionnaires, Société Générale et BNP Paribas, alors que tous les deux semblaient être sur la même longueur d’onde de l’opérateur historique, au niveau stratégie de développement à l’international. Reste à savoir si Orange disposera des moyens nécessaires pour poursuivre seul dans la banque.
Une stratégie commerciale qui coûte cher
Une divergence d’opinions entre Orange et Groupama concernant la politique commerciale à adopter par Orange Bank s’est soldée par le prochain départ de l’assureur. En effet, l’actionnaire majoritaire veut à tout prix confluer les offres bancaires avec le monde des télécoms. Outre cela, son patron veut miser sur un plan stratégique qui est loin de convaincre son partenaire, à savoir, son extension en Europe de l’Est et en Afrique.
D’ailleurs, la banque mobile aurait octroyé un million de microcrédits en faveur de quelque 600 000 clients en Afrique. Et visible sur les sites de comparaison banque, son portefeuille client compte aujourd’hui 1,5 million de comptes sur le vieux continent. Outre cela, Orange Bank s’est aussi engagé auprès de nombreuses fintechs, dont Younited, afin d’étoffer son offre de services. Des initiatives qui lui coûtent apparemment cher puisque l’enseigne essuie pour l’heure 643 millions d’euros de pertes.
Pour sa part, Groupama n’a plus voulu participer lors de la dernière revalorisation du capital de son partenaire historique, alors que ses actions ne se montent plus qu’à 22% si le ratio était de 35% auparavant.
Les discussions sont closes : Orange ne veut d’aucun nouveau partenaire
La politique de convergence d’Orange Bank avec le monde des télécoms n’est pas forcément du goût des potentiels actionnaires. Et pour cause, l’intérêt que portent les groupes bancaires « classiques » pour les actions de la banque mobile résulte du fait que sa clientèle contribuera au développement du parc de ces derniers.
Toujours est-il que bon nombre d’établissements financiers ont voulu participer à l’achat de capital. Parmi eux, Société Générale et BNP Paribas. Au dirigeant d’Orange Bank, Paul de Leusse, d’affirmer :
Nous avons eu des discussions avec plusieurs établissements bancaires qui avaient un véritable intérêt industriel. Mais nous n'avons pas trouvé d'équilibre capitalistique.
Paul de Leusse
Quoiqu’après plusieurs semaines de négociations, portant notamment sur l’abaissement du prix et la répartition du capital, l’opérateur de renom a décidé de continuer l’aventure sans un nouveau partenaire plutôt que céder le contrôle de sa banque. Selon plusieurs affirmations recueillies dans l'entourage d'Orange :
Il y avait des demandes trop exigeantes en termes de capital.
Paul de Leusse
La question qui se pose alors est si Orange va pouvoir poursuivre seul dans son activité bancaire ? Car il convient de préciser que ce dernier a déjà fortement investi dans l’exploitation de la fibre et de la 5G.