L’abandon des agences physiques s’accentue chez les banques françaises
Depuis de longues années, la situation économique assortie d’un affaiblissement des fréquentations, a provoqué des fermetures d’agences bancaires. Un phénomène qui se révèle plus navrant chez les banques nationales comparé à leurs homologues mutualistes. Des enseignes à l’instar du Crédit Mutuel n’ont par exemple supprimé qu’une infime partie (3 %) de son organisation métropolitaine.
Aujourd’hui, 33 millions de Français, soit 66 % de la population ont téléchargé au moins une application de leur banque. De leur côté, plus de neuf personnes sur dix (approximativement 47 millions) consultent le site web de leur prestataire.
Désormais, les consommateurs qui souhaitent accomplir les opérations courantes ne sont plus contraints de visiter une agence. Les besoins ont changé et les relations se digitalisent de plus en plus. Toutefois, la proximité physique grâce aux agences demeure assurée grâce à un maillage territorial composé d’environ 36 000 antennes dans l’Hexagone.
En somme, les banques innovent et s’ajustent en fonction des attitudes des clients et des évolutions de la société.
Baisse des affluences
Relativement à cela, 86 % des Français déclarent que l’accès à distance aux prestations bancaires les rassure. Dans un comparatif banque, la meilleure serait, d’après 83 % de la clientèle, celle qui offre un choix entre :
- Des services en agence ;
- Une déclinaison digitale.
Dans ce contexte, la fréquentation des structures physiques s’est affaiblie ces dernières années. Pareillement, les établissements bancaires se sont trouvés confrontés à un faible bénéfice de leur banque de détail. Ce qui a entraîné de nombreuses dissolutions, estimées à 12 % du réseau métropolitain, depuis 1998.
Selon une étude, le rythme des fermetures a monté d’un cran au cours de la dernière décennie. Entre 2010 et fin 2020, les banques tricolores se sont défaites d’au moins 3 750 points commerciaux. Ce qui représente un amoindrissement de 9 % en dix ans. Après 2015, l’effondrement a été plus déplorable avec 2 900 antennes en moins en cinq ans.
Cela a été moins marqué chez les établissements mutualistes, exceptés :
- Le Crédit Agricole : un réseau amputé de 622 agences (-10 %) en dix ans ;
- La Caisse d’Epargne : 480 sites (-11 %) supprimés.
Les banques nationales plus sévèrement affectées
Par ailleurs, le Crédit Mutuel ne s’est par exemple séparé depuis 2010 que de 85 points de vente. Un volume qui porte sur 3 % de son maillage bancaire en France métropolitaine. À l’opposé, les écroulements touchent fortement les groupes nationaux.
À ce titre, la Société Générale s’est débarrassée depuis 2010 d’environ 400 bureaux, soit 17 % de son réseau. Quant à sa filiale, le Crédit du Nord, elle en a perdu légèrement moins de 70 au cours de la dernière décennie. Avec la fusion entre cette enseigne et la banque Société Générale, le groupe français prévoit de nouvelles fermetures. Selon les projections, l’union pourrait entraîner la dissolution de 600 points commerciaux d’ici quatre ans. Pour sa part, BNP Paribas s’est affranchie de 22 % de ses sites (500 unités) entre 2010 et fin 2020.
L’écart entre firmes nationales et établissements mutualistes puise notamment son origine dans les différences constatées chez ces deux catégories d’acteur. Celles-ci portent sur leur stratégie, leur organisation et leur histoire.