L’exposition des banques aux grandes entreprises endettées sera restreinte en 2018
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Publié le par Meilleurtaux Banques
Plusieurs entreprises de grandes envergures sont actuellement couvertes de dettes si bien que les autorités françaises se sont convenues d’établir un plafonnement à l’exposition des banques à ces établissements. Cette décision a été prise non pas pour endiguer la capacité de prêt des organismes financiers, mais surtout afin de préserver la solidité du système financier de la France.
La faiblesse des taux a renforcé le dynamisme d’endettement chez certaines grandes sociétés françaises. Cette tendance inquiète pourtant le gouvernement qui voit affaiblir la santé financière du pays. En effet, les dettes des entreprises dépassent largement le PIB actuellement.
C’est la raison pour laquelle le Haut Conseil de la stabilité financière ou HCSF conseille aux banques de se montrer vigilantes face à ces groupes très endettés. Il prévoit, de ce fait, de limiter leur exposition dès l’année 2018, à hauteur de 5% de leurs fonds propres.
Si les risques encourus par l’économie suite à la forte progression du marché des prêts immobiliers et la flambée du prix semblent moins alarmer le HCSF, cette catégorie de crédit est également surveillée de près.
Les entreprises françaises font la course à l’endettement
Ces dernières années, bon nombre d’entreprises françaises se sont habituées à demander des financements auprès des marchés de crédits et des institutions bancaires. La politique des taux bas instaurée par le gouvernement a d’ailleurs contribué à cette montée des dettes.
En maintenant ce rythme, celles-ci ont, au printemps dernier, dépassé de 72% le PIB, risquant de démarquer la France des autres pays européens.
Pour faire face aux risques liés à la hausse de l’endettement des sociétés non financières, le Haut Conseil de la stabilité financière ou HCSF envisage de plafonner l’exposition des banques aux grandes entreprises qui sont les plus endettées. Pour cela, un seuil de 5% des fonds propres vont été instauré.
Ce procédé sera prévu d’être mis en vigueur dès le début de 2018 à condition que les décisionnaires européens donnent leur autorisation.
En attendant, le ministre de l’Économie et des Finances, accompagné des régulateurs financiers qui composent le Haut Conseil évaluent discrètement les entreprises afin de grouper celles qui sont les plus endettées. La décision prise par le Haut Conseil ne devait pas impacter négativement sur l’aptitude des organismes financiers à accorder des crédits, son objectif étant de donner l’alerte afin que ceux-ci soient faits raisonnablement et que le marché du crédit se stabilise.
Le HSCF prend des dispositions pour maintenir la stabilité financière
La vigilance montrée par le HCSF à l’égard des entreprises endettées est rationnelle étant donné que la hausse des taux de prêt pourrait porter préjudice à leur situation financière. Parallèlement, les institutions bancaires s’exposent à des risques similaires.
La Banque centrale européenne (BCE) a déjà mis en garde les établissements de crédit contre ces éventuels dangers. Le Haut Conseil a d’ailleurs constaté que les clauses contractuelles sur les opérations de rachat d'entreprises, qui présente un « fort effet de levier » ont été allégées.
Les emprunts immobiliers sont très surveillés à l’heure actuelle. En effet, l’endettement des ménages présente également des risques d’instabilité économique. Toutefois, le HCSF ne s’en inquiète pas davantage. En revanche, l’autorité française invite les opérateurs financiers à rester en alerte concernant l’application des tarifs bancaires, le rendement de cette gamme de crédit, et surtout leur impact sur la structure de leurs bilans.
Une source proche du dossier estime que le pays ne se trouve pas encore dans une situation désespérée, en matière d’endettement. Les pouvoirs publics n’auraient pas dû, de ce fait, choisir une solution aussi radicale. Quoi qu’il en soit, des mesures préventives sont en cours d’élaboration par le HCSF en complément du dispositif précité.
Par ailleurs, il est à noter qu’en dépit des taux bas actuels, si un professionnel ou un particulier souhaite souscrire un prêt bancaire, un recours à un comparatif banque serait toujours judicieux.