La France figure parmi les plus grandes places financières vertes au monde

finance verte

La France est à l’heure actuelle une des principales places financières vertes de la planète. Si le pays en est là, c’est grâce au rôle d’impulsion que l’État français a joué en émettant un emprunt obligataire record pour financer les projets écologiques. Néanmoins, ce sont essentiellement les acteurs privés du pays, en l’occurrence les banques et les grands groupes, qui sont à l’origine de cette situation. Explications !

Lors du Forum Smart City du Grand Paris le 28 novembre dernier, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des Finances, a indiqué :

Il faut que la finance se mette au service de la transition écologique, qu'elle mette à disposition des produits nouveaux qui permettent de financer la transition écologique, les énergies renouvelables, les projets éoliens, le secteur photovoltaïque. Tout ce qui aide à réussir la transition écologique ne marchera pas sans le soutien de la finance.

Bruno Le Maire.

Or, il semble que la France, en l’occurrence Paris, soit actuellement l’une des plus grandes places financières vertes au monde. Selon les chiffres de la direction du Trésor du pays, la France compte pour 21% du stock mondial de green bonds.

La contribution du secteur public

Une analyste de HSBC Europe affirme :

La France est loin devant tout le monde en Europe dans la finance verte. Il y a une conscience élevée dans toute la société de la nécessité d'être durable et responsable, cela se voit dans la rue, sur l'étiquette d'un pot de cosmétique ou la carte d'un restaurant. C'est tout un cercle vertueux qui va de l'État à l'opinion publique en passant par les grandes entreprises.

Si la France en est là, c’est en partie grâce au secteur public, notamment grâce aux collectivités et à l’État lui-même. En début d’année, le pays a en effet émis un emprunt obligataire vert historique d’un montant de 7 milliards d’euros (8,6 milliards d’euros après extension). La direction du Trésor explique que

l’idée était d’aider le marché des « green bonds » à se développer, en apportant à des investisseurs sensibles à la question environnementale un actif liquide, au profil de risque souverain, et de contribuer à la définition des standards non pas comme régulateur mais en s’imposant des obligations ambitieuses en matière de reporting.

Le secteur privé, principal moteur de la finance verte en France

La France doit essentiellement sa place au secteur privé. Une comparaison banque révèle en effet que le Crédit Agricole est le premier établissement bancaire arrangeur d’obligations vertes au monde.

Depuis janvier, l’enseigne a pris en charge plus d’une soixantaine d’opérations pour un montant total de 7,9 milliards de dollars. Derrière la Banque verte figure BNP Paribas, autre banque française trustant le podium dans ce classement réalisé par Dealogic. En troisième position, l’établissement s’est occupé de 39 opérations depuis le début de l’année.

Au total, les banques françaises ont arrangé 15 milliards de dollars des émissions de green bonds, soit le quart du total au niveau mondial. En guise de comparaison, la Chine en a assuré 16 milliards d’euros tandis que les États-Unis ont en arrangé 14 milliards.

Avec plus de 5,25 milliards d’euros, le groupe industriel énergétique français Engie fait pour sa part figure de numéro un au niveau mondial en termes d’encours de green bonds.

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