Les banques centrales du monde entier se montrent plus favorables à l’émission d’une monnaie numérique
Les banques centrales du monde entier envisagent sérieusement d’émettre leur propre monnaie numérique face à l’essor des cryptomonnaies. De cette manière, elles pourraient réguler les échanges et ne pas perdre la main sur les transactions financières. Mais les banques centrales craignent le caractère spéculatif des devises numériques. La récente dévalorisation du bitcoin confirme que leur appréhension est fondée.
Les devises numériques ont le vent en poupe en ce moment. En effet, les banques du monde entier révèlent l’appétit croissant des particuliers pour les cryptomonnaies. Certaines d’entre elles, notamment les néobanques, proposent ainsi à leurs clients d’équiper leur compte bancaire d’un portefeuille digital où ils pourront stocker des monnaies virtuelles.
Mais les différents gouvernements se montrent encore réticents vis-à-vis des devises cryptoactifs, notamment du fait de leur forte volatilité, comme en témoigne la récente dévalorisation du bitcoin après les tweets virulents du patron de Tesla, Elon Musk.
Mais avec la démocratisation des cryptomonnaies, ils pourraient ne plus camper sur leur position.
Une des innovations les plus importantes de l’histoire
L’idée d’émettre une monnaie numérique est étudiée par toutes les banques centrales depuis des années sans qu’elles ne se penchent réellement sur ce projet. Mais depuis le début de la crise sanitaire, cette alternative est envisagée plus sérieusement. Des banques centrales seraient plus qu’emballées par cette idée. C’est notamment le cas de l’institution britannique, son gouverneur ayant déclaré que :
Une monnaie numérique émise par une banque centrale serait une des "innovations les plus importantes de l'histoire" des institutions monétaires. […] Cela nous ferait entrer dans une nouvelle ère.
C’est la Chine qui a le plus avancé sur ce projet. En effet, un yuan numérique est en phase d’essai dans quelques villes du pays. Les premiers retours sont plutôt positifs, et cette monnaie cryptographique devrait rapidement être déployée sur tout le territoire chinois.
Quant à la Banque centrale européenne et la Réserve fédérale américaine, elles n’ont pas encore avancé leurs pions. Pour l’heure, elles cherchent à sécuriser les échanges de devises numériques afin qu’elles ne soient pas utilisées à des fins criminelles, notamment le blanchiment d’argent.
La création d’une cryptomonnaie est gourmande en énergie
Au risque de ne plus avoir la main mise sur les transactions financières, les banques centrales du monde entier ont tout intérêt à émettre une devise numérique. Une éventualité d’autant plus urgente avec l’essor du bitcoin et la cryptomonnaie Diem, cette dernière étant soutenue par Facebook. Concernant ce projet de la société de Marck Zuckerberg, d’ailleurs, il semble aujourd’hui bien avancé. Il va bientôt entrer en phase d’essai aux États-Unis.
Si les grosses sociétés de la tech semblent favorables à la démocratisation de cryptomonnaies non régies par des régulateurs financiers. Les banques centrales peuvent compter sur le soutien d’un grand nom de la tech, en la personne d’Elon Musk. En effet, ce dernier a posté sur les réseaux sociaux des tweets virulents sur le bitcoin en raison de sa forte consommation en énergie.
En clair, la création d’un bitcoin nécessite des calculs complexes qui sont effectués par des ordinateurs. Or ces ordinateurs sont très gourmands en électricité. Et comme la majorité de l’électricité est aujourd’hui fournie par l’exploitation d’énergie fossile, la création d’un bitcoin contribue donc indirectement à la dégradation de l’environnement.
Suite à ces révélations, la valeur du bitcoin a baissé de près de moitié en à peine un mois et elles pourraient freiner la démocratisation des cryptomonnaies, du moins à court terme selon les professionnels du secteur. Un délai dont pourraient profiter les banques centrales pour émettre une monnaie numérique et réguler les échanges de devises cryptographiques.