La Suisse va-t-elle assumer le départ d’UBS ou de Credit Suisse ?

enseigne de Credit Suisse

Les récents débats concernant les banquiers en Suisse laissent penser que ces derniers souhaitent quitter le pays. De son côté, Serge Ermotti, directeur général de la banque UBS affirme lors d’une interview qu'il a accordé à Bloomberg Markets que "rien n'est sûr à 100%". C’est pour des raisons réglementaires que la banque Nordea a domicilié son siège de Stockholm à Helsinki, il y a quelques semaines.

RBR Capital Advisors, un fonds d’investissement zurichois, vient de lancer un plan de démembrement auquel il envisage une séparation de la banque d’investissement, de la gestion de fortune et de la gestion des actifs.

À titre de rappel, ce fonds zurichois dispose de 0,2% du capital de Credit Suisse, la deuxième banque helvétique. Ce projet laisse entendre que la gestion de la fortune sera domiciliée en dehors de la Suisse, à l’exemple de First Boston qui est une ancienne filiale de la banque d’affaires de Credit Suisse, installée aux États-Unis.

Par ailleurs, sachons que les actionnaires de Credit Suisse ne sont pas majoritairement suisses.

Le sujet de redomiciliation de Credit Suisse mérite réflexion

Rappelons qu’Harris Associate, le premier actionnaire de Credit Suisse qui détient 9% du capital de l’établissement avait auparavant contrarié le plan de redomiciliation de la banque d’affaires aux États-Unis. Mais par la suite, il a confié au Financial Times que cette proposition doit cependant être prise en compte. Toutefois, le responsable des investissements chez Harris Associate, David Herro a noté l’existence des propos « pris hors du contexte ».

À ce sujet, Luc Thévenoz, professeur de droit bancaire à l’Université de Genève explique que :

Les banques disent régulièrement qu’elles aiment la Suisse, mais que rien n’est éternel. Ces discours font souvent allusion aux développements de la surveillance ou de la régulation en Suisse (…) Le siège a une importance historique et d’image, en particulier pour la gestion de fortune qui est justement l’activité la plus prospère d’UBS et Credit Suisse. En outre, la réglementation suisse reste souvent moins invasive par rapport à celle des principales places financières où elles pourraient souhaiter se relocaliser.

Luc Thévenoz.

De son côté, Sergio Ermotti approuve cette explication en soulignant que :

Nous nous sentons comme une organisation basée en Suisse et le «Swissness» est un avantage concurrentiel. Cependant, la réalité est qu’il faut trouver un équilibre entre ces aspects et le fait que l’on ne peut pas être dans une situation qui crée un désavantage concurrentiel.

Sergio Ermotti.

Chez Credit Suisse, le sujet de redomiciliation n’a pour le moment pas encore fait l’objet d’un débat. Cependant, la banque préfère se concentrer sur la proposition de Rudolf Bohli et de RBR. Cette idée se traduit par la nécessité de se « concentrer sur la mise en œuvre de sa stratégie, conçue pour être développée sur trois ans ».

De graves conséquences pour l’image de la place

On se demande alors si la Suisse pourra vraiment supporter le départ de l’une ou des deux plus grandes banques locales. C’est la raison pour laquelle, Christian Brestcher, directeur de l’Association des banques zurichoises considère que cette situation va engendrer un problème majeur dans le cadre de l’image de la place.

Cet expert ajoute également « le risque de perte d’emplois – et des emplois de bonne qualité, d’impôts, les conséquences pour les fournisseurs, pour l’immobilier, etc.»

En outre, Luc Thévenoz estime qu’ :

Il est probable que les banques gardent de toute façon des activités en Suisse, surtout liées à la gestion de fortune et à la banque de détail, l’effet sur l’emploi ne serait peut-être pas aussi marqué. De plus, cela diminuerait le risque systémique pour la Suisse et enlèverait un poids au régulateur, qui devrait seulement se préoccuper des filiales en Suisse d’un aussi grand groupe bancaire.

Luc Thévenoz.

Ce professeur estime également que :

Pour l’instant, l’image de la Suisse, l’effet stabilisateur de la banque de détail restent plus importants, d’autant que malgré la plainte des banquiers, l’environnement réglementaire n’est pas plus onéreux qu’aux États-Unis, en Grande-Bretagne ou en Europe.

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