La France n’est pas la place privilégiée des banques britanniques

Billets de livre sterling

Depuis le vote britannique sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, les institutions bancaires ont commencé à chercher refuge dans d’autres pays membres de l’Union Européenne pour y délocaliser leurs activités. Et dans la liste des pays européens idéaux pour la délocalisation, la France n’est pas en première place.

Cela fait neuf mois que le peuple britannique a voté pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Depuis, les places financières européennes se lancent dans une bataille acharnée pour récupérer les activités de la City.

Rappelons que la Première ministre du Royaume-Uni, Theresa May s’est orientée vers un Brexit dur et a ainsi mis fin au passeport financier européen des sociétés anglaises qui en jouissaient. Ce passeport financier permet aux entreprises de vendre leurs produits financiers à travers l’Europe.

Avec le Brexit, il s’avère que la Grande–Bretagne risque fort de perdre près de 30 000 postes dans le secteur financier, selon Bruegel, le think tank européen qui est présidé par Jean-Claude Trichet. Ainsi, les banques se lancent à la recherche de refuges européens pour y redémarrer leurs activités, et les capitales européennes se montrent prêtes à recevoir ces nouvelles banques.

Mais dans cette quête, et après comparaison des banques et établissements qui s’y lancent, France ne semble pas être le premier choix des entreprises.

Paris n’est pas une place financière européenne privilégiée

Afin de préserver le passeport financier européen, les établissements bancaires sont alors obligés de se domicilier dans un autre pays membre de l’UE. Les capitales européennes se lancent ainsi dans une course pour être le refuge où les entreprises délocaliseront leurs activités. Et dans cette compétition, il s’avère que Paris n’est pas la place privilégiée.

Pour délocaliser leurs activités, les banques choisissent surtout l’Irlande et l’Allemagne, comme par exemple la société JPMorgan qui sont en quête de locaux dans ces pays. Ou encore les banques suisses comme UBS ou le Crédit Suisse, qui avait également le passeport financier et qui choisissent l’Irlande pour se réfugier, selon la Tribune de Genève du 21 mars 2017. L’UBS a d’ailleurs prévu d’implanter à Francfort son activité de gestion de fortune à partir du mois de décembre. Et pour la Loyd’s of London, c’est à Bruxelles que le géant de l’assurance britannique décide d’ouvrir une filiale.

En ce qui concerne Paris, seule HSBC choisit d’y délocaliser un millier d’emplois du fait de sa présence historique depuis le rachat du Crédit Commercial de France. À part cela, rien d’exceptionnel. Alors qu’au début, tout semblait bien aller, avec Valérie Pécresse qui a exposé des détails sur les atouts de l’Île de France dans une campagne digitale, après avoir annoncé sa tristesse envers l’Europe et ses «amis britanniques».

Ou encore Anne Hidalgo, la maire de Paris qui a annoncé vouloir accueillir de manière efficace les sociétés qui veulent traverser la Manche en proposant un «Paris-London landing pack», et encore d’autres déclarations incitantes s’en sont suivies.

Les raisons de la méfiance des employeurs envers la France

Malgré les efforts de la France pour inciter les entreprises à s’y réfugier, les employeurs semblent avoir une méfiance envers le pays. Deux faits expliquent cette situation.

Tout d’abord, la France est considérée comme un pays qui est instable juridiquement et fiscalement, que cela concerne le domaine personnel ou professionnel. Pourtant, selon le directeur général de Paris Europlace, Arnaud de Bresson :

Le poids de la fiscalité française est similaire à celui de nos concurrents européens.

Arnaud de Bresson.

Ensuite, avec la concurrence qui présente de meilleurs potentiels, la France s’efface. Par exemple, l’Irlande qui est en pleine croissance économique garantit une délocalisation plus calme avec le droit irlandais qui est basé sur la commonlaw. De plus, il sera facile pour les employés qui doivent aller en Irlande de communiquer avec les futurs cadres et employés irlandais, ces derniers ayant la maîtrise de l’anglais, ce qui n’est pas encore le cas des cadres français. Un autre compétiteur de taille, Francfort, où la banque centrale européenne est implantée et dont la place financière affiche une santé solide.

Pour le cas de la France, le licenciement qui y est difficile est un critère qui repousse les financiers de la City. Il faut noter que les banques londoniennes ont coutume de changer d’effectifs et de pas longtemps conserver les professionnels à salaires élevés pour pouvoir profiter d’un marché du travail flexible et se garantir de hauts rendements.

Toutefois, rien n’est perdu d’avance. Certaines entreprises ont choisi la France pour délocaliser leur activité. À part la HSBC, des professionnels français qui dirigent de petites entreprises indépendantes ont en effet décidé de revenir dans le pays, d’après les explications de Robin Rivation, directeur général de Paris Région Entreprise sur RTL le 28 mars.

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