La banque centrale argentine finit par intervenir sur les marchés pour pallier la crise actuelle
Actuellement, le secteur bancaire argentin est impacté par la dépréciation de la monnaie nationale et de la difficulté des ménages à rembourser leurs dettes, sans aborder le krach boursier. C’est ainsi que la banque centrale argentine a décidé d’intervenir, sous le regard inquiet de certains acteurs du marché. Quelles sont les résolutions prises en faveur de l’économie ?
Depuis début août 2019, les marchés argentins connaissent une turbulence suite à l’annonce des résultats des primaires précédant l’élection présidentielle qui se tiendra au mois d’octobre prochain. Au vu des pertes constatées sur le peso, la population craint les risques de défaut de paiement.
Porté par les obligations d’État, le marché de la Bourse dégringole. En effet, nombre d’agences de notation qui opèrent à l’international ont fait baisser la note souveraine de l’Argentine.
Si la banque centrale contrôle désormais les changes au détriment des sociétés exportatrices, une initiative a été également été prise pour soutenir la circulation de liquidités.
Soutenir le peso et assurer sa circulation dans le système financier
Depuis des semaines, la banque centrale argentine a touché à ses réserves monétaires pour appuyer la monnaie locale. Ainsi, elle a obtenu l’autorisation de diminuer les achats de devises étrangères (notamment le dollar américain) sur le marché. Il en résulte que les sociétés argentines œuvrant dans l’exportation auront l’obligation d’attendre l’aval de la banque de premier rang pour se procurer des dollars. Cette mesure devra être appliquée jusqu’au 31 décembre 2019.
En effet, le 30 août dernier, le peso argentin a accusé une perte de près de 3 % et environ 25 % en l’espace d’un mois. Dès lors que l’exécutif a pris la décision de procéder au rééchelonnement de la dette qui s’élève à 100 milliards de dollars environ, la situation est devenue d’autant plus préoccupante.
À ce propos, l'économie argentine tourne au ralenti depuis 2018 et n’influe pas seulement sur les marchés. Comme les souscripteurs de crédits éprouvent également de grandes difficultés à honorer leurs engagements auprès des banques, la banque centrale veut limiter la distribution des dividendes des banques de détail. Une disposition que des connaisseurs considèrent comme étant une technique de surveillance des capitaux.
Une mauvaise note pour le papier argentin
En 2001, l’Argentine a été confrontée à une grave crise, tant sur le plan social qu’économique, sachant qu’elle n’a pas été en mesure de respecter les délais de restitution de sa dette. L’histoire se répète-t-elle ? La situation actuelle fait-elle que, pour les Argentins, changer de banque ne résout rien ? En tout cas, le papier argentin a fait l’objet d’une mauvaise évaluation de la part des agences de notations historiques, d’où des notes de crédit moindres.
Alors que la dette argentine est déjà classée comme étant spéculative, Standard & Poor's a encore diminué sa note de crédit de trois points. Pour sa part, Moody a porté la note des titres argentins à Caa2. Quant à l’agence Fitch, elle opine que les obligations d’État demeurent partiellement en défaut.
Ceux qui détiennent, dans leur portefeuille de titres, de la dette souveraine pourraient être amenés à la céder. La baisse des cours pourrait alors s’accélérer. Distribuée en 2017, l'obligation à 100 ans atteint son niveau le plus bas, soit 39 % seulement de sa valeur d’émission.