Des démissions en série dans le secteur bancaire en 2018
Thomas Rocafull, qui dirige les services financiers chez Sia Partners, un cabinet de consulting en management indique que le nombre de démissions a progressé entre 30 % et 40 % en 2018. Ces chiffres concernent les grands réseaux bancaires. Les enseignes commerciales sont davantage concernées par ces séries de démission. C’est ce que révèle l’Observatoire des métiers de la banque.
Par rapport à l’année 2017, 57 % plus d’employés ont déposé une lettre de démission au sein de CGT Société Générale. Ainsi, 854 départs y ont été recensés en 2018, avec une recrudescence incessante du taux de renouvellement des effectifs, en tout cas volontaire, depuis l’année 2015.
Ce phénomène tend à se démocratiser chez les banques de l’Hexagone, impulsé notamment par les salariés trentenaires, qui préfèrent enrichir leurs expériences en passant d’une enseigne à une autre. La conjoncture actuelle y est pour beaucoup.
De leur côté, les établissements bancaires ferment progressivement leurs agences physiques et entament leur virage numérique.
Les banques se réorganisent
En plus de diminuer les dépenses relatives aux opérations de haut bilan, les enseignes bancaires réduisent le nombre de leurs agences. D’où un niveau élevé de démissions dans l’année. Par exemple, BNP Paribas a noté 13 703 cas de démissions à l’échelle internationale alors qu’en 2017, 11 802 cas ont été constatés. En 2018, ils ont donc augmenté de 16 %.
La dématérialisation du parcours client revient à repenser le métier des chargés de clientèle. 22,6 % de cas de départ ont justement impliqué des conseillers en CDI.
Près de 50 % d’entre eux ont démissionné de leur poste. Guilhem Jeannin, qui travaille chez Michael Page, un leader en recrutement, précise cependant que certains éléments doivent tout de même être retenus pour mieux étudier le terrain.
« Certaines banques étaient allées assez loin dans les restructurations des réseaux. Mais elles ont réalisé qu'elles avaient besoin de suffisamment de personnes sur le terrain pour continuer de répondre aux attentes ».
Michael Page.
Un secteur d’activités attrayant
Du fait de la conjoncture favorable en France depuis la seconde moitié de l’année 2017, les personnes en recherche d’emploi sont plutôt confiantes dans leur démarche. L’année 2018 en a été la confirmation, comme le révèle Guilhem Jeannin. Une source spécialisée dans les activités bancaires argue que les démissionnaires ne font que changer de banque, le secteur d’activités demeurant attractif.
D’ailleurs, les établissements historiques comptent parmi les premiers choix des demandeurs d’emploi sur LinkedIn. Cette information a été puisée d’une étude divulguée par le même réseau social.
Conscients des éventuelles réorganisations que connaîtront leur banque, certains salariés anticipent et quittent volontairement leur poste. Cette situation a par exemple été relevée chez les salariés de Société Générale, comme le témoigne président du SNB/CFE-CGC au niveau national, Régis Dos Santos.
Par ailleurs, les employés qui prennent leur retraite sont remplacés par des postulants plus jeunes. Néanmoins, ces derniers, qui ont entre 25 et 35 ans, n’ont pas l’intention de faire une longue carrière chez un même employeur, d’après les observateurs.