La néobanque Morning fait face à quelques difficultés financières
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Publié le par Meilleurtaux Banques
Épinglée par le régulateur de la banque et de l’assurance, Morning fait face à des incommodités financières et à une mésentente avec la Maif.
À la demande de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution), une série de mesures conservatoires a été prise à l’encontre de Morning pour manquement à une obligation financière.
Celle-ci engendre une suspension de l’activité de la banque en ligne, des difficultés financières et un désaccord avec la Maif, son actionnaire de référence. Détails !
Une interruption de son service
Suite à la mise en place d’un système de cagnotte en ligne gratuite, Morning (ex-Payname) avait annoncé en juin 2016 le lancement d’une MasterCard, pensée pour faciliter la gestion financière quotidienne. En septembre dernier, pour pouvoir déployer son offre, l’enseigne a prélevé plus de 500 000 euros sur son compte de cantonnement, résultant à une insuffisance de fonds sur ce compte.
Elle entrave ainsi une obligation imposée par le Code monétaire et financier qui la défend, en tant qu’intermédiaire financier, de détenir en son nom propre les dépôts de ses clients. Morning a reversé la somme prélevée à un autre organisme et n’a pas pu la réintégrer dans le compte de cantonnement avant le 1er décembre.
C’est ainsi que l’enseigne est épinglée par l’ACPR qui, après avoir été avisée par le commissaire au compte de la banque en ligne, indique dans sa décision que la trésorerie de cette dernière était devenue négative à compter du 17 novembre. Relativement important, le risque de défaillance de Morning engendre une cessation des paiements, et pourrait même aboutir à une liquidation judiciaire.
La Maif jugée responsable
Par l’intermédiaire de son fonds d’investissement, la Maif avait apporté 5 millions d’euros en septembre 2015 pour soutenir Morning qui, en ce temps, était dénommée Payname. Détenant 40% du capital de la néobanque toulousaine, l’assureur mutualiste affirme supporter celle-ci dans les difficultés financières auxquelles elle fera face.
Morning suspecte toutefois la Maif de favoriser son propre projet de néobanque (Nestor) en interne. Les semaines à venir seront déterminantes pour les employés et le projet de la banque en ligne. Une assemblée générale devrait se tenir prochainement pour essayer de résoudre le problème.
Selon Eric Charpentier, fondateur de Morning, la situation dans laquelle la banque se trouve actuellement est expliquée par une dégradation des relations avec la Maif qui « ne soutient pas son projet d’introduction en bourse prévue pour 2017 ».
L’assureur désire en effet que Morning ouvre son capital à une banque traditionnelle, une action qui irait « à l’encontre de l’indépendance de la néo-banque » estime son fondateur. Ce désaccord freinerait par ailleurs l’arrivée de nouveaux actionnaires. Pour l’instant, les clients de Morning voient ainsi leurs comptes en ligne bloqués et il n’est pas certain qu’ils revoient leur argent.