Les banques pop’ s’unissent pour relever le défi du digital
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Publié le par Meilleurtaux Banques
Le contexte est de plus en plus dur pour les banques traditionnelles : la réglementation se durcit, une nouvelle forme de concurrence très agressive se développe, et le passage obligatoire au numérique nécessite beaucoup d’investissements.
Fusion pour créer la deuxième banque de la région Auvergne Rhône Alpes
La banque BP Aura est née. Résultant de l’absorption par la Banque populaire des Alpes de celles du Massif central et de Loire-Lyonnais, le nouvel établissement va couvrir les 88 000 km² de la région Auvergne Rhône Alpes.
Il se classe deuxième sur le marché bancaire régional après Crédit Agricole Centre-Est en affichant un produit net bancaire à 732 millions d’euros et des fonds propres à 2,6 milliards d’euros. Les 3800 salariés de cette banque « plus forte, plus proche, plus connectée » gèrent un million de clients, dont 10 000 entreprises et 100 000 professionnels.
Dominique Martinie, le président de cette nouvelle entité basée à Lyon, justifie la fusion par la nécessité d’avoir un établissement présentant un bilan solide et disposant de ressources plus importantes. Car si le digital est porteur d’opportunités, son adoption pour résister aux nouveaux entrants impose de gros changements et surtout, un investissement lourd.
Rapprochement obligé pour la transformation digitale
BP Aura n’est pas le premier projet du genre. La fusion de la Côte d’Azur et de BP Provençale et Corse a récemment donné naissance à la Banque pop Méditerranée. En 2014, le fruit du rapprochement Lorraine Champagne a lui-même fusionné avec Alsace. De 80 à 85, les banques populaires ne sont plus que 15 à l’heure actuelle selon le comparatif des banques en ligne. Outre les contraintes de solvabilité, la menace du numérique et des Fintech presse les banques à s’unir.
Leur modèle économique doit évoluer pour éviter de céder à ces jeunes challengers une part même infime de leur produit net bancaire (PNB), d’autant que le contexte est tendu et que les taux très faibles ont impacté leurs revenus. Dans le cas de BP Aura, l’informatique représente d’ailleurs un volet majeur puisque plus de 1000 process dans tous les métiers seront revus et numérisés.
Cette démarche a évidemment des répercussions sur le plan social. Bien qu’aucune fermeture d’agence ne soit au programme, 240 postes (sur un millier) vont disparaître dans les fonctions supports avec la mise en place d’un plan de départ volontaire. En outre, certaines activités (l’assurance à Clermont-Ferrand et les placements dans les environs de Grenoble) seront rassemblées.
La direction générale se fixe 2018-2019 comme date butoir pour mener à bien la transformation. L’objectif est d’alimenter sa croissance en se positionnant sur des segments (ETI, grandes entreprises, promotion immobilière) où la taille critique est un facteur indispensable.