La limitation de l’usage du chèque et ses impacts
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Publié le par Meilleurtaux Banques
La décision de restreindre l’utilisation de cette forme de monnaie risque de secouer les plus fragiles.
Le 3 novembre dernier, le Sénat a examiné en nouvelle lecture le projet de loi Sapin 2 sur la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique. Un amendement de ce projet prévoyait la réduction de la durée de validité des chèques de 1 an à 6 mois.
Cette mesure, adoptée contre l’avis des députés, avait pour objectif de limiter l’usage de ce moyen de paiement en France. Concrètement, quelles sont les catégories de population les plus touchées par la restriction de l’usage de cette monnaie scripturale ?
Deux catégories : les particuliers et les entreprises
La France est le pays qui utilise le plus son chéquier en Europe. En 2013, 71% des chèques émis sur le territoire européen émanaient de l’Hexagone. Les Français signent en moyenne 37 chèques par an, tandis que les Allemands en émettent à peine un par an.
Pour ce qui est des particuliers, ils utilisent cette monnaie scripturale pour le paiement de leurs taxes, loyers, frais administratifs, etc. Il est remarqué que certaines catégories en émettent plus que d’autres.
C’est notamment le cas des seniors et des ménages à revenus modestes. Pourquoi ? Parce qu’ils ne disposent pas de carte de paiement et/ou ne sont pas habitués aux monnaies électroniques ou aux virements pour régler leurs achats, et factures…
Quant aux entreprises, ce sont généralement les PME et les TPE qui ont recours à ce moyen de paiement. Elles l’utilisent pour sa gratuité et parce qu’il est souvent plus aisé de payer une facture par chèque que par virement. Ce constat est d’autant plus vrai pour les TPE qui se trouvent souvent en déficit de trésorerie (30% des TPE françaises).
Les conséquences d’une éventuelle disparition du chèque
Deux enjeux financiers se présentent. En premier lieu, les particuliers plébiscitent toujours le chèque pour le règlement de leurs factures. Il leur est d’ailleurs difficile de le faire sans ce moyen de paiement. Ces personnes-là seront donc contraintes à changer leurs habitudes.
En second lieu, le chèque est un moyen de différer les délais de paiement en l’encaissant plus tard. Procéder ainsi est plus compliqué avec le paiement numérique ou le virement. Certes, les cartes de paiement à délai différé existent, mais elles sont relativement onéreuses pour des revenus modestes.
En tout, le chèque est fortement usité en Hexagone du fait de sa gratuité. À l’étranger, ce n’est pas le cas. Cette gratuité, combinée à quelques éléments de souplesse, en ont fait un produit de paiement particulièrement prisé par les Français.