Mobilité bancaire en Europe : où en est la France ?
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Publié le par Meilleurtaux Banques
Ces dernières années, plusieurs textes en faveur du changement d’établissement ont révolutionné l’univers bancaire français. La mobilité bancaire en France demeure cependant encore faible en comparaison avec ce qui se passe chez nos voisins européens. Le taux d’attrition des banques, c’est-à-dire le nombre de clients que les banques perdent, tourne notamment autour de 4 % par an, contre 8 % à 9 % dans plusieurs pays d’Europe.
La mobilité bancaire est encore faible
Plusieurs études rapportent que la mobilité bancaire en France se situe autour de 4 % par an. Fin 2014, les chiffres publiés par Boursorama indiquent que, chaque année, 4,5 % des Français changent de banque, soit 3,5 millions de comptes. En 2016, d’après une étude du cabinet Bain & Compagny, le taux d’attrition se situe à 4,3 % (contre 2,5 % en 2014).
En janvier 2017, les résultats d’une enquête réalisée par Next Context, sous la direction de SAB /CGI rapportent qu’au cours des deux dernières années, 14 % des Français ont changé de banques, dont 6 % sur les douze derniers mois. L’association UFC-Que choisir avance pour sa part un chiffre légèrement supérieur à 3 %.
Ces dernières semaines, la loi Macron, applicable depuis le 6 février 2017, a largement favorisé la mobilité bancaire. Un mois après son entrée en vigueur, les premiers retours révèlent une dynamique positive : Axa Banque constate par exemple une augmentation de 57 % de ses ouvertures de compte par rapport à la même période en 2016, Boursorama indique la signature de 16 000 mandats entrants, et le Crédit Agricole rapporte 4500 ouvertures de compte en trois semaines.
La question se pose ainsi sur la suite de cette dynamique : va-t-elle s’amplifier ou est-ce un simple effet de mode ? L’expérience de nos voisins européens permet de réaliser une analyse plus concrète des dynamiques en cours.
Le cas de l’Allemagne et des Pays-Bas
En Allemagne, le législateur favorise la mobilité bancaire depuis le 18 septembre 2016, et ce, dans le but affiché de simplifier le choix des clients face à la rude concurrence qui règne entre les banques mutualistes, les banques commerciales privées et les banques publiques. Le dispositif suscite d’ailleurs l’intérêt du public qui se montre particulièrement soucieux par la hausse des frais bancaires.
Depuis, la banque en ligne ING Diba déclare gérer jusqu’à 2000 contacts par jour. Pour sa part, après une révision de ses tarifs, la filiale de Deutsche Bank, Postbank, recense 100 000 clôtures de compte. Parallèlement, ce droit au changement de compte profite aux fintechs qui proposent des services d’accompagnement dans les démarches administratives.
Aux Pays-Bas, le changement de banque n’entraîne aucune modification du RIB. Du coup, les clients n’ont à prévenir personne. Les formalités administratives sont aussi prises en charge par un organe de gestion tiers. Celui-ci assure la transmission des données de l’ancien compte vers le nouveau. Depuis 2003, un service de redirection (Interbank Switch - Support-Service) a été mis en place pour simplifier la mobilité bancaire. Chaque année, entre 80 000 à 100 000 particuliers ont recours à ce dispositif.