Les TPE ont confiance en leur banque malgré l’accès au crédit toujours restreint
Une récente étude révèle que pour les TPE, l’obtention d’un crédit auprès d’une banque est toujours un parcours difficile à l’heure actuelle. Nombreuses formalités à remplir, multiples garanties et cautions à fournir, délais de réponse trop longs… Autant d’éléments qui viennent compliquer le parcours. Malgré ce constat, il semble pourtant que les dirigeants de ces sociétés ont plutôt confiance en leur établissement bancaire.
En association avec les cabinets Deloitte et In Extenso, la Médiation du crédit vient de publier les résultats d’un baromètre de la confiance des dirigeants de TPE à l’égard de leurs banques. Employant moins de 10 salariés et affichant un chiffre d’affaires inférieur à deux millions d’euros, ces sociétés de très petite taille se dénombrent actuellement à 3,6 millions, dont 1,2 million d’auto-entrepreneurs, dans toute l’Hexagone.
Pour les banques, ce marché représente un potentiel de 7 milliards d’euros de revenus. Bien que l’encours de crédit octroyé aux TPE ait augmenté de 4,7% chaque année, celles-ci rencontrent toujours des difficultés pour obtenir un prêt. De fait, une part non négligeable d’entreprises qui ont fait une demande de financement ont vu leur requête rejetée.
Outre les tarifs et le manque de compétence ou de suivi de la part de la banque, ce refus est l’un des principaux motifs qui poussent les TPE à changer de banque.
Les difficultés rencontrées et leur répercussion sur la relation bancaire
L’étude en question révèle que sur les trois dernières années, un dirigeant de TPE sur deux a déposé une demande de prêt auprès de son établissement bancaire.
Les résultats indiquent que 56 % d’entre eux ont « rencontré au moins une difficulté », 18,5% ont obtenu un refus total sur leur requête, 11,7% un refus partiel (montant du prêt inférieur à celui sollicité) et 33,8% ont vu « une demande importante de garanties, de cautions personnelles ».
Les difficultés rencontrées sont associées principalement à la « lourdeur administrative » (pour 29,1% des chefs d’entreprise interrogés) et aux « délais de réponse trop longs » (pour 28,8% des sondés).
Celles-ci affectent considérablement la relation qu’entretiennent les TPE avec leur banque. En effet, 96,6% des dirigeants affirment qu’ils ont confiance à leur établissement bancaire lorsqu’ils n’ont été confrontés à aucun obstacle lors de leur demande de financement.
Cette proportion passe à 67,6% dès lors que l’entreprise a rencontré une quelconque difficulté. Elle chute même à 44,2% quand la société a vu sa demande rejetée par l’établissement de crédit. Les auteurs de l’étude estiment que ce dernier indice pourrait être amélioré si le motif de refus des banques est mieux justifié.
Les autres facteurs de confiance
Hormis la réponse de la banque sur la demande de prêt, la relation qu’entretiennent les TPE avec les conseillers bancaires influe par ailleurs sur le niveau de confiance qu’elles éprouvent à l’égard de leur établissement. Depuis trois ans, 39,7% des chefs d’entreprise ne sont en relation qu’avec un seul conseiller. 86% d’entre eux affirment alors avoir confiance à leur banque.
Et plus les conseillers côtoyés sont nombreux, moins les dirigeants font confiance à leur banque. Les résultats de l’étude montrent en effet que parmi les TPE ayant connu plus de quatre conseillers, elles ne sont que 58,8% à déclarer avoir confiance en leur établissement bancaire. Globalement, 80,6% des sondés accordent leur confiance à leur banque.
Enfin, l’image de l’enseigne bancaire ainsi que l’accompagnement et le soutien apporté par l’établissement lors de difficultés financières sont les derniers facteurs de confiance. C’est ainsi que les chefs d’entreprise ayant reçu un appel de courtoisie manifestent plus de confiance envers leur banque.
En cas de difficultés, 81,1% d’entre eux avisent en effet, de leur propre initiative, leur conseiller bancaire et 53,8% sont prêts à fournir le bilan de la société pour régler plus facilement les problèmes. Pourtant, seulement 49,2% des TPE affirment avoir reçu de tels appels de courtoisie. Pour celles qui n’en ont pas reçu, 47,1% communiquent leur bilan, et ce, à la demande de la banque.