La possible crise du secteur bancaire italien menace l’Union

secteur bancaire de l'union europeenne

Le secteur bancaire italien est « en souffrance », selon les professionnels. Mais la chute des chiffres combinée à l’envolée des créances douteuses et la dépréciation sur les marchés boursiers laissent entrevoir une situation bien plus grave. En plus du Brexit, l’Union européenne est menacée par un système bancaire transalpin aux allures de « bombe à retardement ».

360 milliards d’euros de créances douteuses

360 milliards d’euros, c’est le montant des créances douteuses cumulées par les banques italiennes, soit 22 % du PIB. En France, selon un comparateur banque, le total des créances irrécouvrables est inférieur à 30 milliards d’euros.

Le ton monte entre Rome et Bruxelles, à un moment où l’Autorité bancaire européenne prépare son bilan sur la santé financière des 130 principaux établissements de la zone euro.

Pour cela, elle les a soumis aux « stress tests » qui visent à vérifier leur capacité de résistance à différents scénarios tels qu’une récession, une crise obligataire ou encore l’explosion du chômage.

Bruxelles met en place le « bail in »

Depuis le 1er janvier 2016, afin d’éviter une nouvelle crise financière, de nouvelles règles sont en place pour dissocier crise bancaire et crise des dettes souveraines : c’est le « bail out ». En effet, pour soutenir le système bancaire européen, plusieurs pays (France, Espagne, Italie, Irlande, Grèce et Allemagne) avaient dû injecter de l’argent dans les banques. Mais l’impact de ce sauvetage sur leurs finances publiques avait ensuite exigé l’adoption de politiques budgétaires restrictives.

L’Europe a instauré le principe du « bail in », qui impose aux actionnaires de banques en difficulté de la renflouer par leurs propres moyens. Ensuite, les créanciers et clients ayant plus de 100 000 euros de dépôt seront mis à contribution. Or, avec un référendum sur des réformes constitutionnelles imminent, le Conseil italien n’est pas près d’appliquer le « bail in ».

Risque de retour au « bail out »

Si les bilans des banques transalpines sont à ce point dégradés, c’est à cause d’une croissance restée faible depuis 2008. De plus, elles ont accordé pléthore de prêts hypothécaires aujourd’hui dénués de valeur. De plus, le pays détient le record mondial du nombre de banques (650), dont la plupart sont très vulnérables aux fluctuations économiques de leur zone d’implantation.

Enfin, 50 % des dettes bancaires sont détenues par des « actionnaires » particuliers, qui pensent avoir investi dans des placements sûrs et risquent de payer cher pour éviter la faillite à leur banque. En 2015, l’intervention de l’État n’a pas suffi à redresser quatre banques régionales (Banca Etruria, CariChieti, Banca Marche et Carife), faisant perdre leur épargne à plus de 10 000 personnes.

Récemment, faute de repreneurs pour d’autres banques, le fonds Atlante, financé par le secteur bancaire, a dû prendre le relai. Pour sauver les petits déposants et les investisseurs institutionnels, le Conseil italien et le gouvernement pourraient, entre autres mesures, remettre le « bail out » en place, quitte à rétropédaler.

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