Face à l’absence de DAB dans certaines communes, les collectivités doivent passer à la caisse
La tendance à la fermeture d’agences bancaires se poursuit en France. Un phénomène qui commence à rendre problématique l’accès au cash. La commission des finances du Sénat a ainsi organisé une table ronde entre les sénateurs et la Fédération bancaire française, afin que cette dernière apporte une explication à ce phénomène.
À l’instar de leurs homologues européennes, les banques françaises tendent aussi à fermer leurs agences, rendant de plus en plus difficile l’accès au cash, une condition contraignante pour les clients bancaires. Face à cette situation, les sénateurs ont convié la Fédération bancaire française (FBF) à s’expliquer. La directrice générale de la FBF, Maya Atig, a commencé son argumentaire en dressant le bilan de la relation banque-clients.
Elle a indiqué que 89 % des Français ont une bonne image de leur banque, et 68 % ont une bonne image des banques en général. Cela suggère qu’ils ne sont pas tentés de changer de banque et que le phénomène de fermeture des agences ne les affecte pas tant que ça. Aux sénateurs d’émettre toutefois des doutes.
Anticiper les habitudes de la nouvelle génération de clients bancaires
Maya Atig continue son argumentaire et indique que le phénomène de fermeture d’agences bancaires est une tendance plus contenue en France par rapport à ses voisins européens. Elle a souligné qu’en Espagne, le nombre d’agences a chuté de 46 % en 10 ans, quand cette baisse s’élève à 60 % aux Pays-Bas. Alors qu’en France, on compte actuellement 36 000 agences, soit seulement un léger recul de 1,6 % en un an. Pour la directrice de la FBF, l’accès au cash est ainsi quasiment resté au même niveau en France.
De plus, la fermeture d’agences ne devrait pas être problématique, car il faut aussi tenir compte des changements d’habitude bancaire des clients. Maya Atig explique, en effet, que de plus en plus de Français souhaitent bénéficier de services bancaires en digitale. D’ailleurs, 8 % d’entre eux souhaitent uniquement passer par le canal numérique, ce taux est même estimé à 15 % chez les plus jeunes. Or, les plus jeunes constituent la nouvelle génération de clients bancaires. Cette tendance à la fermeture d’agences ne fait donc qu’anticiper les habitudes bancaires de ce nouveau profil de clientèle.
Un transfert progressif des charges sur la commune
L’argumentaire de Maya Atig est loin d’avoir convaincu les élus présents au Sénat. Bon nombre de sénateurs ont indiqué que cette tendance à la fermeture d’agences est souvent pénalisante pour les communes. En effet, face au manque de distributeurs de billets, plusieurs municipalités ont noué un partenariat avec Brink’s.
La société de transport de fonds a accepté d’installer des distributeurs d’argent dans certaines communes de l’Hexagone en échange d’une compensation financière. Le sénateur du Nord, Éric Bocquet explique cet arrangement :
Il y a une convention de 5 années, 1 300 euros mensuels à la charge de la commune et un nombre de retraits minimum imposé par mois. Et, si ce nombre n’est pas atteint, le forfait de 1 300 euros augmente de 200 euros.
Éric Bocquet
En outre, lorsque les banques ferment leurs agences pour réaliser des économies, la charge financière est transférée aux communes. Mais en dépit de la réticence des sénateurs, la tendance à la fermeture d’agences a des chances de se poursuivre en France. D’autant que les paiements sans contact sont en plein essor en ce moment.