Le financement du Livret A impacte le coût des comptes bancaires
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Publié le par Meilleurtaux Banques
Pour financer le Livret A, les banques augmenteront bientôt leurs tarifs sur les comptes courants.
De prime abord, se référer au rendement de 0,75% par an du Livret A comme étant un « taux élevé » peut sembler provocateur. Toutefois, compte tenu du contexte durable de taux directeurs nuls, voire négatifs, une si faible rémunération est effectivement excessive.
Surtout que le livret A est le premier produit d’épargne des ménages français, totalisant environ 260 milliards d’euros placés.
Le Livret A, un placement qui coûte aux banques
Le taux du Livret A est calculé à partir d’une formule basée sur l’indice des prix et sur le niveau des taux interbancaires courts. Précisons que ce taux est révisable deux fois par an, au 1er et au 1er août. Avec ce mode de calcul, le taux du livret A devrait en théorie se situer entre 0,4 et 0,5% par an.
Important Pourtant, le gouvernement Valls l’a maintenu artificiellement à 0,75% pour, selon certains, des motifs électoralistes. Devant être financé, cet écart est, jusqu’ici, supporté par les banques qui sont contraintes de perdre de l’argent à chaque décollecte. L’an dernier, les décollectes étaient pourtant évaluées à 12 milliards d’euros.
Les pertes pour les banques sont donc considérables, d’autant plus qu’elles ne peuvent pas disposer librement de ce placement. Un décret du 16 mars 2016 impose en effet les enseignes bancaires de rediriger 65% leur collecte sur les Livrets A vers la Caisse des dépôts et consignations.
Ensuite, celle-ci réinjecte massivement l’argent sur les marchés financiers pour le compte de l’État. Le reste est théoriquement destiné au financement des PME françaises et c’est d’ailleurs sous cette réserve qu’une banque est en droit de garder cette part d’épargne réglementée dans son bilan.
Le livret A, un risque pour les banques
Étant donné le risque qu’encourent les banques sur les livrets A, il est tout à fait compréhensible qu’elles aient décidé une revalorisation des frais appliqués aux clients à partir du 1er janvier prochain. En effet, avec un encours de 260 milliards d’euros et un écart de 0,25% entre le taux théorique et le taux appliqué, ce risque est évalué à 650 millions d’euros, une somme qu’elles doivent supporter à elles seules.
En raison de sa forte bancarisation, la France ne manquera pas de ressentir les effets de la mesure adoptée par les établissements financiers. En effet, plus de 99% des Français ont au moins un compte bancaire. Les comptes courants comptent à eux seuls pour 71 millions, ce qui représente plus d’un compte par individu, parmi d'autres comptes (compte joint...) .
L’année prochaine, leurs propriétaires devront supporter en moyenne 6 euros de plus par an et par compte de frais de gestion. Cette taxation supplémentaire devrait ainsi apporter une trésorerie de 426 millions d’euros aux banques.