Vers une baisse de la rémunération du Livret A en août ?

Le sort du taux de rémunération du Livret A sera fixé le 1er août. Une décision attendue avec impatience par les épargnants. En effet, selon la méthode de calcul théorique, le taux de ce produit d’épargne préféré des Français devrait tomber à 0,5 %, du jamais vu depuis sa création en 1818. Reste à savoir si les pouvoirs publics vont appliquer cette formule ou, une fois encore, déroger à la règle.
De 0,75 % à 0,5 %
Selon la règle de fixation du taux du Livret A, celui-ci devrait être supérieur d’un quart de point à l’inflation hors tabac, arrondi au quart de point le plus proche. Or, les chiffres de l’Insee montrent que l’inflation s’élevait à 0,2 % sur un an. Ainsi, si l’on s’en tient à cette formule, le rendement du livret A devrait s’établir à 0,5 %, et non à 0,75 % comme c’est le cas actuellement.
Chargée de fixer le rendement de ce produit d’épargne populaire, la Banque de France peut toutefois déroger à la règle et laisser le sort de sa rémunération entre les mains du gouvernement. Déjà, en février, le taux du Livret A aurait dû tomber à 0,5 %, mais le gouvernement en avait décidé autrement en le maintenant à 0,75 %.
D’après le directeur du Cercle de l'Épargne, Philippe Crevel, la baisse serait pourtant inévitable pour être en accord avec la politique de la Banque centrale européenne. Dans son objectif de relance économique et sa lutte contre les risques de déflation, la BCE cherche à maintenir les taux au plus bas niveau.
D’ailleurs, l’économiste estime qu’un rendement de 0,5 % demeurerait intéressant compte tenu des taux proposés actuellement sur les marchés financiers. Celui de l'OAT à 10 ans s’établit par exemple à 0,15 %.
Une baisse incertaine à l’approche des élections présidentielles
Philippe Crevel rappelle toutefois qu’il s’agit surtout d’une décision politique. À quelques mois des élections présidentielles, le gouvernement ne voudra sûrement pas s’attirer les foudres des épargnants.
Pour rappel, en août 2015, lorsque le taux du Livret A avait franchi la barre des 1 %, certains ménages se sont détournés de ce produit « phare » pour aller vers les assurances-vie, alors que d’autres ont préféré laisser leur épargne dormir sur un compte courant. De tels comportements risquent de se reproduire en cas de nouvelle baisse, met ainsi en garde l’économiste.