Maintien du taux du livret A : une pénalisation pour le logement social

Une décision du ministère des Finances, sur proposition du gouverneur de la Banque de France, maintient la rémunération du livret A à 0,75 %, contrairement à ce qui est prévu selon la formule de calcul de ce taux. Aussi, aucune révision ne sera appliquée au 1er février 2017. Une nouvelle qui ravit les épargnants, mais qui ne satisfait pas aux attentes des acteurs du logement social.
Taux du livret A à 0,75 % : raisons économiques et politiques
D’après les explications officielles, le taux du livret A n’a pas été modifié par souci de stabilité. En effet, selon les prévisions de l’Insee, le taux d’inflation connaîtra une reprise de +0,7 % vers fin décembre 2016, ce qui se traduira par une remontée de la rémunération du livret A d’ici six mois. Et c’est ce que la banque de France souhaite éviter.
Mais derrière cette décision se cachent des considérations politiques. En effet, à l’approche des élections, le gouvernement ne souhaite pas s’attirer les foudres de l’épargnant « populaire ».
Le revers de la médaille
Pourtant, du point de vue économique, la baisse du rendement du livret A est inéluctable. En Europe, la France se distingue par ses produits d’épargne réglementée. LDD, LEP, PEL, CEL, livret jeune… leur rémunération dépend étroitement de celle du livret A. Ils attirent également les épargnants, accumulant plus de la moitié des dépôts des ménages.
Le fait est que le rendement proposé par l’épargne réglementée relève le niveau du taux d’intérêt moyen des dépôts bancaires : 1,09 % à fin 2015 contre 0,39 % en Allemagne par exemple.
Cette situation présente des répercussions négatives : elle entrave notamment l’application de la politique monétaire de la BCE, qui vise la baisse du coût du crédit, et surtout, elle pénalise le logement social. En effet, les crédits à long terme octroyés aux bailleurs sociaux sont financés par les encours déposés sur les livrets réglementés.
Leur coût est de ce fait étroitement lié au taux du livret A. D’après l’Union sociale pour l’habitat, continuer à rémunérer le livret A à 0,75 % va se traduire par une augmentation des charges d’intérêts supplémentaires, de l’ordre de 250 millions d’euros pour les organismes HLM.