Les banques vont-elles taxer nos dépôts ?

Avec la baisse des taux d'intérêt d'emprunt, les banques gagnent moins d'argent et recherchent tous les moyens de reconstituer leurs marges.
Ouvrir le robinet à cash
La crise de 2008 a mis à terre de nombreuses économies dans le monde et les banques se sont retrouvées avec de nombreux prêts que les gens ne pouvaient pas rembourser, les célèbres crédits à risques. La conséquence ne se fit pas attendre : il devint de plus en plus difficile d'emprunter. Mais le revers de la médaille, lui non plus, ne tarda pas à se faire sentir. Sans argent, ni les particuliers, ni les entreprises ne pouvaient acheter, provoquant la stagnation de l'économie mondiale.
Pour relancer la machine, il fallait donc, de nouveau, faire circuler l'argent. C'est ce qui décida les principales banques centrales (américaine, européenne…) à réduire leur taux directeur, qui fixe le prix de la monnaie. Plus il est bas, moins l'argent coûte cher, et donc plus on peut emprunter. C'est ainsi que le robinet à cash fut ouvert, les taux directeurs atteignant des records de baisse, jusqu'à devenir négatif !
Des crédits qui rapportent de moins en moins
Globalement, un des principaux moyens qu'utilisent les banques pour gagner de l'argent, c'est de prêter sur le long terme l'argent que chacun de nous dépose sur son compte à court terme.
Important L'avenir étant par définition incertain, les prêts à long terme sont plus risqués que les crédits à court terme : ils subissent donc des taux d'intérêt plus élevés. Et le différentiel entre les taux pratiqués sur le long terme et ceux sur le court terme permet aux banques de réaliser une marge bénéficiaire.
Mais actuellement, avec le niveau très bas des taux, cette marge s'amenuise. Cela oblige donc les banques à trouver ailleurs comment gagner de l'argent. D'où toute une série de petites hausses sur les différents services bancaires : frais de tenue de compte, pénalités en cas d'incidents bancaires… Allant même jusqu'à taxer l'épargne des particuliers, comme vient de le décider récemment une banque allemande.
Une situation qui inquiète beaucoup Serge Maître de l'Association française des usagers des banques (Afub), qui craint que ce cas encore isolé fasse école et se répande sur l'ensemble du réseau bancaire.